Predator 6 : et si Stallone, Johnson et Reeves chassaient dans le désert égyptien ?

Yvan Pedri
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Imaginez : le désert égyptien, trois légendes du cinéma d’action, et un Predator qui rôde entre les pyramides. Ce film n’existe pas. Mais franchement, pourquoi pas ?

Le concept de “Predator 6 : Sands of Anubis” est celui d’un film imaginaire, mais le terrain de jeu choisi est malin. Le désert égyptien comme théâtre de chasse, ça change radicalement des forêts tropicales et des villes américaines qui ont servi de décor aux épisodes précédents de la franchise.

L’idée est simple : trois icônes du cinéma d’action réunies face à un chasseur extraterrestre au milieu des dunes et des ruines antiques. Sylvester Stallone avec sa présence brute. Dwayne Johnson et son gabarit qui force le respect même à un alien armé jusqu’aux dents. Keanu Reeves, plus froid, plus calculateur, le genre de personnage qui observe avant de frapper.

Sur le papier, la dynamique entre ces trois-là serait intéressante à regarder. Trois archétypes différents du héros d’action, trois façons opposées de gérer la pression.

Le décor comme personnage à part entière

Ce qui rendrait ce projet visuellement séduisant, c’est la promesse du décor. Un Predator qui se camoufle parmi les ombres des colonnes d’un temple de Karnak, ça n’a pas grand-chose à voir avec le même Predator tapi dans la jungle guatémaltèque du premier film.

La chaleur, la lumière aveuglante, les mirages : autant d’éléments qui pourraient jouer contre les protagonistes humains. Un chasseur qui maîtrise la technologie de camouflage thermique dans un environnement où la chaleur rayonnante brouille tout, c’est un déséquilibre intéressant à exploiter scénaristiquement.

Les franchises de science-fiction ont souvent sous-exploité l’Égypte comme terrain de jeu. Trop facilement associée à la magie et aux malédictions façon momie, elle mérite une lecture plus brutale, plus physique.

Stallone, Johnson, Reeves : une chimie à construire

Soyons honnêtes : réunir ces trois noms dans le même casting, c’est autant un risque qu’une promesse. Chacun possède une aura très forte, et l’équilibre entre trois ego de cette taille nécessite une écriture précise pour éviter que l’un des trois ne vole systématiquement toutes les scènes.

Stallone apporterait la texture. Il y a quelque chose dans sa façon de bouger, de souffrir à l’écran, qui rend les combats physiques crédibles même à un âge où beaucoup d’acteurs ont depuis longtemps délégué aux cascadeurs.

Johnson, lui, est fait pour affronter quelque chose de sa taille. Le Predator est l’un des rares adversaires de cinéma suffisamment imposant pour mettre The Rock en réel danger sans que ça semble absurde.

Et Reeves, depuis John Wick, a redéfini ce que peut être la précision au cinéma d’action. Un personnage construit sur l’économie de gestes et la léthalité froide fonctionnerait parfaitement en contraste avec les deux autres.

Ce que la franchise gagnerait à se réinventer ainsi

La saga Predator a connu des fortunes diverses. Le premier film de 1987 reste une référence du genre. Les suites ont oscillé entre le très correct et le franchement décevant. Prey, sorti en 2022, a rappelé que la formule pouvait encore fonctionner à condition de prendre des risques narratifs réels : nouveau décor, nouveau protagoniste, regard neuf sur la créature.

L’idée d’un épisode situé dans l’Égypte antique ou contemporaine prolongerait cette logique de réinvention géographique et culturelle. Le Predator comme entité qui traverse les civilisations, qui a peut-être déjà chassé ici il y a des millénaires, c’est un fil narratif qui existe dans les comics et les romans dérivés de la franchise mais n’a jamais vraiment été exploité au cinéma.

Avec un trio d’acteurs capables d’incarner chacun une facette différente du genre, et un décor qui n’a jamais servi de cadre à un film de la saga, les ingrédients d’un épisode mémorable sont réunis. Il ne manque plus qu’un scénariste pour transformer l’essai.

 

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