La planète n’a pas besoin de superhéros pour se défendre. Elle a des grenouilles, des parasites, des champignons et quelques décennies d’abus humains à faire payer. Voici sept films qui le prouvent.
L’éco-horreur part d’une idée simple et inconfortable : la nature n’existe pas pour nous servir, et quand on la pousse à bout, elle riposte. Animaux tueurs, contamination industrielle, mutation, ou simple sentiment que la Terre en a assez de nos excès, ce sous-genre a vu le jour dans les années 70 en même temps que le mouvement environnemental moderne, et il n’a jamais vraiment cessé d’être pertinent. Parce que les angoisses qui l’alimentent, elles, n’ont pas disparu.
Pour la Journée de la Terre, voici sept films à regarder si vous avez de la sympathie pour la planète qui nous fait vivre.
Les films incontournables du genre, du classique au contemporain
The Last Winter (2006)
Larry Fessenden emmène Ron Perlman, Connie Britton et Zach Gilford dans l’Arctique glacé, où une compagnie pétrolière s’apprête à forer dans la toundra alaskane. Ce qu’elle réveille n’est pas du pétrole. L’équipe commence à voir des choses, des gens disparaissent, et la paranoïa s’installe. Le sol lui-même semble résister. Un film de possession atmosphérique où la menace reste longtemps invisible. À voir sur Shudder.
Frogs (1972)
Un classique fauché et pleinement assumé. Un jeune Sam Elliott joue un photographe animalier qui se retrouve coincé dans une propriété familiale bourgeoise pendant le 4 juillet, alors que la faune locale décide de reprendre ses droits de façon très peu festive. C’est kitsch, c’est daté, c’est exactement ce qu’il faut pour un soir de Journée de la Terre. Sur Prime Video et Tubi.
Unearth (2020)
Deux familles de fermiers voisins en Pennsylvanie rurale. L’une accepte de louer ses terres à une compagnie de gaz naturel. L’autre regarde ça d’un mauvais œil. Quand le forage commence, quelque chose remonte de sous terre. Avec Marc Blucas et Adrienne Barbeau, ce film à combustion lente sur la fracturation hydraulique est aussi une réflexion honnête sur les pressions économiques qui poussent des gens ordinaires à des choix aux conséquences catastrophiques. Sur Prime Video, Screambox et Tubi.
The Toxic Avenger (1984)
Le classique délirant de Troma. Melvin Ferd, vigile maltraité de Tromaville, New Jersey, tombe dans une cuve de déchets toxiques et en ressort mutant, surpuissant et décidé à nettoyer la ville à coups de serpillère. C’est du gore, du splatter et de la comédie trash mélangés dans un blender, et c’est aussi une fable sur les dégâts industriels enrobée dans du mauvais goût assumé. Pas toute l’éco-horreur n’est déprimante. Sur Prime Video, Screambox, Shudder et Tubi.
The China Syndrome (1979)
Techniquement pas un film d’horreur au sens strict, mais il en produit les mêmes effets. Jane Fonda incarne une journaliste de télévision qui, avec son caméraman joué par Michael Douglas, tombe sur la dissimulation d’un grave incident dans une centrale nucléaire. Le film est sorti douze jours avant l’accident de Three Mile Island dans la vie réelle. Le timing est devenu légendaire. Sur Roku.
Gaia (2021)
Une gardeforêt blessée tombe sur deux survivants en pleine forêt sud-africaine, dont la dévotion pour la nature commence à ressembler à du fanatisme. Ce qui se cache dans la végétation alentour est encore pire. Réalisé par Jaco Bouwer, Gaia est un film de body horror luxuriant, visuellement généreux, qui transforme la nature en quelque chose de beau, de sacré et d’absolument terrificant en même temps. Sur Tubi.
The Bay (2012)
Barry Levinson tourne un found footage dans une ville côtière du Maryland où la pollution d’une ferme avicole déclence une invasion parasitaire au milieu des festivités du 4 juillet. Le film s’inspire de vraies préoccupations environnementales autour de la baie de Chesapeake, et son message est clair : la négligence humaine est souvent plus effrayante que n’importe quel monstre surnaturel. Sur Pluto TV et Tubi.
Quelques bonus si vous voulez aller plus loin
Pour prolonger la soirée, voici cinq autres titres qui cadrent parfaitement avec l’esprit de l’éco-horreur. Godzilla (1954), disponible sur HBO Max et Hulu, reste le grand ancêtre du genre, né des angoisses nucléaires du Japon d’après-guerre. The Host (2006) de Bong Joon-ho est une satire coréenne mordante sur la pollution industrielle, sur Disney+ et Hulu. Piranha (1978), disponible sur Peacock, Prime Video et Tubi, est un délire de Joe Dante avec des poissons mutants issus d’expériences militaires. C.H.U.D. (1984), sur Prime Video et Tubi, envoie des mutants dans les égouts de New York suite à des déchets toxiques mal stockés. Tentacles (1977), sur Prime Video et Tubi, est une version italienne et kitschissime des dégâts causés à la faune marine.
L’éco-horreur fonctionne parce que les peurs qui l’alimentent sont réelles. Et tant qu’elles le seront, le genre ne manquera pas de matière.
