Une sortie au Parc Astérix lui coûte cher. Azim Epsirkhanov, déjà condamné dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty, a écopé d’un an de prison ferme après avoir enfreint son assignation à résidence dans les Hauts-de-Seine.
Une sortie interdite qui finit devant le tribunal
Vendredi dernier, Azim Epsirkhanov se trouvait sur le parking du Parc Astérix, à Plailly, dans l’Oise. Problème : depuis sa sortie de prison, le jeune homme de 25 ans devait rester dans les Hauts-de-Seine.
Son contrôle a rapidement révélé qu’il était sous le coup d’une assignation à résidence. Il devait notamment se présenter deux fois par jour au commissariat de son lieu de résidence. La mesure avait été prise dans l’attente de son expulsion du territoire français.
Jugé en comparution immédiate lundi 31 août par le tribunal correctionnel de Senlis, Azim Epsirkhanov a été condamné à un an de prison ferme. Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive du territoire français, selon Le Parisien.
« Une incompréhension » selon le prévenu
À la barre, le jeune homme a contesté avoir volontairement enfreint les règles qui lui étaient imposées. Il a expliqué qu’il avait mal compris la décision administrative.
« Une incompréhension, une mauvaise lecture de [s]a part », a-t-il déclaré à l’audience, selon TF1 Info.
Azim Epsirkhanov affirme également ne jamais avoir cherché à échapper à son assignation. « Je n’ai jamais cherché à me soustraire à cette mesure », a-t-il assuré devant les juges. Il dit vouloir désormais « reprendre une vie familiale et professionnelle ».
Mais cette version n’a pas convaincu le parquet.
Le parquet évoque huit sorties des Hauts-de-Seine
Selon les éléments présentés à l’audience, le déplacement au Parc Astérix ne serait pas un cas isolé. Le parquet a affirmé qu’Azim Epsirkhanov avait déjà quitté les Hauts-de-Seine à huit reprises depuis son assignation à résidence.
Certaines de ces sorties auraient même eu lieu durant la nuit. Un élément qui a pesé dans les débats, alors que le prévenu se trouvait déjà sous surveillance administrative après sa libération.
Le substitut du procureur s’est interrogé sur les raisons de sa présence dans l’Oise. « Ce qui nous inquiète, au regard de la personnalité du prévenu, c’est de savoir ce qu’il pouvait bien faire au parc Astérix », a-t-il déclaré.
Le contexte judiciaire du dossier explique évidemment la fermeté du tribunal.
Azim Epsirkhanov avait fourni le couteau utilisé contre Samuel Paty
Azim Epsirkhanov est connu de la justice pour son rôle dans l’affaire Samuel Paty. En octobre 2020, il avait fourni à Abdoullakh Anzorov un couteau qui allait être utilisé lors de l’assassinat du professeur d’histoire-géographie.
Samuel Paty avait été tué le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Le meurtre avait provoqué une immense émotion en France et relancé les débats sur la liberté d’expression, la laïcité et la protection des enseignants.
Lors de son procès initial, Azim Epsirkhanov avait été condamné en décembre 2024 à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat terroriste.
Son dossier a toutefois connu un changement majeur en appel.
Sa peine avait été ramenée à sept ans en mars 2026
En mars 2026, la cour d’assises spéciale d’appel de Paris a revu à la baisse la sanction prononcée contre lui. Azim Epsirkhanov a finalement été condamné à sept ans de prison pour association de malfaiteurs. La qualification retenue en première instance n’a donc pas été conservée.
Le changement a été important. Le parquet général avait requis 16 ans de réclusion, comme lors du premier procès, mais la cour a retenu une qualification moins sévère pour les deux hommes considérés comme des proches d’Abdoullakh Anzorov. Naïm Boudaoud avait lui aussi vu sa situation évoluer en appel, avec une peine de six ans.
Azim Epsirkhanov a été libéré en avril 2026. Il a alors été placé sous assignation à résidence dans les Hauts-de-Seine, chez sa compagne, dans l’attente de la suite de la procédure concernant son éloignement du territoire français.
Il conteste toujours son expulsion
L’affaire ne s’arrête pas à cette nouvelle condamnation. Azim Epsirkhanov conteste également son obligation de quitter le territoire français devant la justice administrative.
À l’audience, il a expliqué craindre pour sa sécurité en cas de retour en Russie. Il affirme notamment que les Tchétchènes seraient particulièrement exposés à la mobilisation pour la guerre en Ukraine.
« Les Tchétchènes sont les premiers à être envoyés au front en Ukraine », a-t-il expliqué. « Un retour là-bas serait un aller simple pour la mort. »
Cette procédure administrative reste donc distincte de la nouvelle affaire examinée par le tribunal de Senlis. Mais avec cette peine d’un an de prison ferme, sa situation judiciaire se complique de nouveau, quelques mois seulement après sa sortie de détention.