Elle pensait avoir trouvé l’amour après des années de solitude. Quatre ans après son mariage avec Bright Emokpae, 36 ans plus jeune qu’elle, Dawn Ottewell cherche désormais à divorcer. Cette Britannique de 68 ans affirme que son mari a disparu après leur séparation et redoute les conséquences financières de cette situation.
Dawn Ottewell voulait simplement retrouver l’amour
Sur les photos de son mariage, Dawn Ottewell sourit aux côtés de son jeune époux. À 64 ans, elle vient d’épouser Bright Emokpae, un Nigérian qui a 36 ans de moins qu’elle.
À l’époque, elle ne doute pas de ses sentiments.
La rencontre a lieu en 2021, alors que la pandémie pèse encore lourdement sur les relations sociales. Célibataire et isolée, Dawn s’inscrit sur plusieurs applications de rencontres, dont Tinder et Plenty of Fish.
Bright lui apparaît d’abord sous le nom de Brian Thomas. Il lui dit avoir une trentaine d’années et travailler comme professionnel.
Puis la conversation passe sur WhatsApp. Le jeune homme finit par reconnaître qu’il a menti sur son identité. Il explique être en réalité étudiant en mode et venir de Bénin, au Nigeria.
Pour Dawn, ce premier mensonge aurait pu tout arrêter.
Elle choisit pourtant de poursuivre la relation.
Elle l’épouse après quelques mois de relation
Les échanges se multiplient. Appels vidéo, messages affectueux et compliments rythment leur quotidien.
Dawn raconte avoir retrouvé grâce à lui une confiance qu’elle avait perdue.
« Je sais que j’ai été idiote, mais j’étais amoureuse », raconte-t-elle au Sun.
À cette période, la Britannique traverse une période difficile. Elle est sans emploi et vit avec plusieurs problèmes de santé. Elle habite chez sa fille Kirsty, alors âgée de 33 ans.
Bright lui donne, dit-elle, l’impression d’être à nouveau désirée.
« Quand j’ai rencontré Bright, il m’a fait me sentir spéciale et vivante », témoigne Dawn.
Huit mois après leur rencontre en ligne, elle prend l’avion pour Chypre du Nord. Bright y vit alors avec un visa étudiant.
Ils doivent se rencontrer pour la première fois.
Mais le séjour prend une tournure inattendue.
Le 22 mars 2022, à Nicosie, Dawn et Bright se marient dans un bureau d’état civil. Deux amis turcs du jeune homme participent à la cérémonie.
Le certificat de mariage indique alors que Bright a 27 ans et Dawn 64 ans.
Son mari obtient ensuite un visa pour vivre au Royaume-Uni
Après leur mariage, Dawn rentre à Dewsbury, dans le West Yorkshire. Bright retourne au Nigeria afin de préparer son installation au Royaume-Uni.
Son visa de conjoint finit par être accordé environ un an plus tard.
Dawn se rend alors à l’aéroport d’Heathrow pour accueillir son mari.
C’est à partir de cette période que, selon son récit, les difficultés commencent.
Elle essaie de l’aider à prendre ses marques en Angleterre. Son frère Rory lui trouve même un emploi dans une entreprise spécialisée dans les portes.
Mais Dawn affirme que Bright devient progressivement distant. Elle lui reproche également de lui demander régulièrement de l’argent.
Le couple ne possède pas de compte bancaire commun.
« Il envoyait beaucoup d’argent au Nigeria », affirme Dawn.
Elle raconte aussi avoir assumé une grande partie des dépenses du foyer et des sorties.
Bright conteste toutefois cette version. Selon lui, il a payé 400 livres sur les 900 livres de son billet d’avion depuis le Nigeria. Il affirme également avoir pris en charge la taxe locale et les factures d’eau du logement commun.
Une rupture, puis un retour au moment d’une rentrée d’argent
Le couple se sépare finalement en octobre 2023.
Quelques mois passent.
Puis les deux reprennent leur relation au printemps 2024, après que Dawn a reçu une indemnisation de 63 000 livres à la suite d’une opération médicale ratée dans un hôpital du NHS.
Avec le recul, la Britannique pense avoir commis une nouvelle erreur.
« J’aurais dû me demander s’il ne cherchait mon argent quand nous nous sommes remis ensemble », estime-t-elle.
Elle soupçonne désormais Bright d’avoir changé d’attitude après avoir appris qu’elle avait reçu cette somme.
Dawn affirme notamment qu’il insistait pour qu’elle règle les dépenses lorsqu’ils sortaient ensemble.
Elle reconnaît pourtant avoir accepté de lui donner une nouvelle chance.
Pourquoi ? Parce qu’elle ne voulait pas retrouver la solitude.
« Je savais que je n’aurais pas dû le reprendre, mais je n’étais pas heureuse d’être à nouveau seule, et il insistait sur le fait que ses intentions étaient honnêtes », raconte-t-elle.
Une croisière à 2 000 livres met le feu aux poudres
À la fin de l’année 2024, les relations entre les époux sont à nouveau tendues.
Juste avant Noël, Dawn part en croisière dans les Caraïbes avec son frère. Le voyage lui coûte environ 2 000 livres.
Selon elle, Bright se met en colère.
Il aurait estimé que cet argent aurait plutôt dû servir à rembourser ses dettes.
À son retour, une autre dispute éclate. Bright découvre des échanges que Dawn a eus avec d’autres hommes sur des applications de rencontres.
La Britannique assure que ces messages étaient innocents.
Bright quitte alors le domicile.
Cette fois, il ne revient pas.
Dawn affirme ne plus savoir où se trouve son mari
Depuis environ huit mois, Dawn dit ne plus avoir de contact avec Bright. Elle affirme qu’il l’a bloquée sur les réseaux sociaux.
Elle pense aujourd’hui qu’il pourrait vivre en Écosse.
Un élément officiel vient donner du poids à cette piste : le registre de Companies House indique qu’un Bright Emokpae, de nationalité nigériane et né en mars 1995, a été nommé directeur de la société Brighté Studio Ltd le 29 juin 2026. L’entreprise est enregistrée à Hawick, dans les Scottish Borders.
Le registre officiel indique également que son lieu de résidence est le Royaume-Uni.
Dawn, elle, soupçonne son mari d’avoir évité le contact afin de préserver son statut migratoire. Elle estime notamment qu’il souhaiterait conserver son visa de conjoint.
Cette affirmation reste toutefois la version de Dawn. Rien dans les documents publics consultés ne permet d’établir que Bright aurait volontairement disparu pour éviter une expulsion.
Elle veut divorcer, mais ne sait pas où lui remettre les documents
C’est désormais son principal problème.
Dawn veut mettre fin officiellement au mariage. Mais elle affirme avoir du mal à faire parvenir les documents à son époux puisqu’elle ne connaît pas son adresse actuelle.
La procédure britannique prévoit justement des solutions lorsqu’un conjoint est introuvable. Le gouvernement britannique indique qu’une procédure de divorce reste possible lorsque l’adresse du mari ou de la femme n’est pas connue. Des démarches spécifiques permettent notamment de demander une autre méthode de notification ou, dans certaines situations, de faire dispenser la signification.
Dawn dit être accompagnée par Citizens Advice pour avancer dans ses démarches.
Elle craint surtout de manquer de temps.
« Je veux simplement qu’il sorte définitivement de ma vie », explique-t-elle au Sun.
Sans testament, ses inquiétudes sur l’héritage ne sont pas infondées
Dawn n’a pas rédigé de testament.
Elle redoute donc que son mari puisse avoir des droits sur son patrimoine si elle venait à mourir avant le divorce. Ses biens comprennent notamment des bijoux, de l’argent et les meubles de son logement.
Sur ce point, le droit anglais est assez clair : lorsqu’une personne mariée décède sans testament, son conjoint survivant bénéficie de droits successoraux prévus par les règles de l’intestat. Lorsque le défunt a des enfants, le conjoint reçoit notamment les biens personnels et une part de la succession, tandis qu’une autre partie revient aux enfants.
Une séparation ne suffit donc pas nécessairement à supprimer ces droits. Le gouvernement britannique précise même que le conjoint peut rester la personne prioritaire pour administrer la succession lorsqu’il n’y a pas de testament.
Pour Dawn, cette perspective ajoute une pression supplémentaire à une procédure de divorce déjà compliquée.
Le témoignage de Dawn intervient dans un contexte de hausse des arnaques sentimentales
Son histoire intervient alors que les autorités britanniques alertent sur les risques liés aux rencontres en ligne.
En 2025, 10 784 signalements de romance fraud ont été enregistrés au Royaume-Uni, pour des pertes dépassant 102 millions de livres. Le nombre de signalements a progressé de 29 % sur un an.
Les personnes âgées figurent parmi les principales victimes financières. Les autorités britanniques recommandent notamment de se méfier des personnes qui accélèrent très vite une relation, évitent les rencontres physiques ou demandent de l’argent.
Mais Dawn ne présente pas son histoire comme une simple arnaque sentimentale établie.
Elle dit surtout regretter d’avoir ignoré certains signaux dès le début : le faux nom, le mensonge sur l’âge et la rapidité avec laquelle la relation s’est transformée en mariage.
« Je veux aussi que les gens sachent que si cela peut m’arriver, cela peut arriver à n’importe qui », affirme-t-elle.
De son côté, Bright a déclaré au Sun avoir signé les documents de divorce. Il n’a toutefois fourni aucun élément permettant au journal de vérifier cette affirmation.