Drame à Souledé-Roua : Trois chercheurs massacrés par une foule en furie, les suspects arrêtés
L’horreur absolue s’est abattue sur le village de Souledé-Roua, dans l’Extrême-Nord. Une foule surexcitée s’est livrée à un lynchage barbare, mettant violemment à mort deux chercheurs et leur guide, dans une scène d’une brutalité inouïe qui a choqué tout le pays.
Ce mardi 11 mars 2025, les forces de défense et de sécurité ont procédé à l’arrestation des présumés auteurs de ce crime d’une rare sauvagerie. Menée par les éléments de la Compagnie de Gendarmerie du Mayo-Tsanaga, l’opération s’est déroulée dans le village de Mblada. Au total, 20 individus soupçonnés d’avoir participé directement à cette exécution publique ont été interpellés.
Les victimes de cette tragédie sont Frédéric Mounsi, Chargé de Recherche au Centre de Recherches Géologiques et Minières (CRGM) de Garoua, Dr. Bienvenue Bello, enseignant vacataire en Géologie Structurale aux universités de Garoua et Ngaoundéré, et Oumarou Kabalay, prince de Meri et guide motocycliste des deux chercheurs.
Dans un communiqué publié lundi 10 mars, la ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation a exprimé sa “profonde consternation” face à ce drame insoutenable. Selon elle, le dimanche 2 mars, ces trois hommes, venus simplement accomplir leur mission de recherche sur l’accès à l’eau potable pour les populations des Monts Mandara, ont été roués de coups, lynchés et brûlés vifs, malgré leurs documents d’identification et leur ordre de mission en règle.
“Ces crimes odieux sont une conséquence directe de l’ensauvagement de notre société et de la propagation d’un climat de haine entretenu par certains individus sans foi ni loi. Une situation alarmante qu’il est impératif de juguler au plus vite.”
Ce massacre insensé soulève une question brûlante : comment en est-on arrivé à un tel déchaînement de violence, où l’ignorance et la peur peuvent conduire à l’exécution sommaire d’innocents ?