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Pourquoi les prises de paroles d’Obama et Clinton sur Minneapolis sont-elles exceptionnelles ?

Pourquoi les prises de paroles d’Obama et Clinton sur Minneapolis sont-elles exceptionnelles ?

Il en faut beaucoup pour faire sortir d’anciens présidents américains de leur sacro-saint silence. Ce week-end, pourtant, Barack Obama et Bill Clinton ont pris la parole pour appeler à un « sursaut » après que les protestations contre les actions de la police de l’immigration (ICE) ont fait une seconde victime à Minneapolis.

Dans un communiqué publié dimanche, Barack Obama a expliqué qu’il « revient à chaque citoyen de s’élever contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales, et de faire rendre des comptes à notre gouvernement ». Bill Clinton, quant à lui, a exhorté les Américains à « se lever et s’exprimer », estimant que l’administration Trump « a menti » au sujet du décès de Renée Good et Alex Priti.

Un besoin de tirer la sonnette d’alarme

« Voir d’anciens présidents américains s’exprimer reste assez rare », confirme Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis. Et de préciser : « Là, on a atteint un sommet dans la mise en place d’un régime semi-autoritaire, donc ils tirent la sonnette d’alarme. » Chez l’Oncle Sam, la tradition veut en effet que les anciens chefs de l’exécutif s’effacent du débat public à la fin de leur mandat afin de ne pas fragiliser la fonction présidentielle.

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Toutefois, certains opposants à l’administration américaine estiment que les anciens politiques auraient dû s’exprimer plus tôt. Notamment Barack Obama, en pleine campagne de promotion pour ses livres, quasiment comme si de rien. « Ils auraient dû prendre la parole dès que les contre-pouvoirs ont été attaqués », relève Romuald Sciora. D’autres épisodes outranciers de Trump n’ont, a contrario, pas provoqué de positionnement clair. « Les Américains suivent peu l’actualité internationale, note le chercheur. Pour eux, la capture de Maduro, c’était juste l’arrestation d’un trafiquant de drogue. »

Même George Bush n’est pas fan de Trump

Sur les quatre anciens présidents américains encore en vie, il en reste deux qui ne se sont pas exprimés. Joe Biden, qui a abandonné la campagne pour sa propre réélection, est probablement trop diminué physiquement pour s’exprimer. George Bush, lui, ne s’est pas exprimé récemment. Mais, contre toute attente, l’ancien républicain s’est montré plutôt réservé sur le bilan de Donald Trump.

Dès 2017, il a émis des doutes sur la stratégie de l’ancien magnat de l’immobilier, comme le soulignait à l’époque Courrier International. Et exprime, depuis, au détour de l’actualité, plusieurs regrets quant à sa politique. Il faut dire que sa politique, plutôt nuancée sur l’immigration et attachée à ses alliances internationales, le ferait aujourd’hui passer pour un modéré. « Il ne s’exprime pas souvent car c’est un républicain, définitivement retiré de la vie politique, analyse Romuald Sciora. Mais, s’il le faisait, ça pourrait faire bouger les lignes, et motiver plus de républicains à prendre position. »

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« C’est un message inaudible pour les Américains »

Cependant, il n’est pas dit que cet appel à la mobilisation change grand-chose. « C’est un message inaudible pour les Américains, affirme Romuald Sciora. Barack Obama est détesté des républicains, Bill Clinton par tout le monde. Leur prise de parole offre une dynamique mais n’a pas beaucoup d’impact. » Le parti démocrate, divisé par plusieurs courants internes, s’est très peu exprimé depuis le retour au pouvoir de Donald Trump il y a un an. L’enjeu actuel, mais aussi l’horizon des élections de mi-mandat, provoque peut-être aussi un sursaut dans le parti.

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