Un signal faible, presque insaisissable, mais suffisant pour relancer toutes les spéculations. Le plus gros requin blanc jamais enregistré dans l’Atlantique vient de réapparaître, après avoir disparu des radars pendant plusieurs mois.
Baptisé Contender, ce mâle de 4,2 mètres pour environ 750 kilos n’avait plus donné signe de vie depuis fin avril. À l’époque, les chercheurs de l’organisation OCEARCH l’avaient localisé au large de l’Outer Banks, en Caroline du Nord. Puis plus rien — ou presque. Le silence a duré des semaines, laissant les scientifiques dans l’incertitude la plus totale sur sa trajectoire.
C’est finalement le 7 juillet, tôt le matin, que Contender a de nouveau émis un signal. Mais impossible de crier victoire trop vite : il s’agissait d’un simple « Z-ping », un signal faible qui ne permet pas de localiser précisément l’animal. En clair, on sait qu’il est vivant et toujours actif quelque part dans l’Atlantique. On ignore, en revanche, exactement où.
Comment fonctionne le traceur qui suit Contender ?
Le mécanisme mérite d’être expliqué, tant il conditionne tout le suivi de l’animal. Un porte-parole d’OCEARCH a détaillé le fonctionnement du dispositif : « Le Z-ping est un signal faible et non localisable. Il se produit généralement lorsque la balise fixée sur l’aileron du requin est brièvement à la surface et qu’un seul message est reçu par un satellite Argos en orbite. Normalement, trois messages ou plus sont nécessaires lors d’un seul passage satellite pour calculer une localisation fiable. »
Autrement dit, plus le requin reste longtemps à la surface, plus la position calculée sera précise. Le docteur Robert Hueter, chef scientifique d’OCEARCH, résume la logique avec des mots simples : si le requin reste en surface dix, vingt ou trente secondes, l’équipe obtient une bonne localisation. Une poignée de secondes à peine, et c’est tout le suivi qui devient flou.
Le porte-parole d’OCEARCH a précisé : « La dernière localisation réelle de Contender remonte au 23 avril, lorsqu’il se trouvait au large de l’Outer Banks, en Caroline du Nord. »
Cape Cod ou le Canada atlantique, deux destinations plausibles
Reste une question qui taraude les chercheurs : où Contender se dirige-t-il maintenant ? Sans localisation précise, impossible de l’affirmer avec certitude. Mais les habitudes migratoires du requin blanc offrent tout de même quelques pistes sérieuses.
Le porte-parole d’OCEARCH a expliqué : « Les requins blancs de l’Atlantique Nord occidental migrent généralement vers le nord et passent l’été et le début de l’automne à se nourrir dans les eaux de Cape Cod ou du Canada atlantique. Ces deux régions offrent des températures d’eau agréables et une abondante réserve de nourriture, notamment de nombreux phoques et de grandes espèces de poissons. »
Ce n’est pas la première fois que Contender emprunte cet itinéraire. Depuis son marquage en janvier 2025, au large de la frontière entre la Floride et la Géorgie, l’animal a parcouru plus de 1 600 kilomètres le long de la côte est nord-américaine, remontant jusqu’au golfe du Saint-Laurent, au Canada.
Un poids lourd qui impressionne les scientifiques eux-mêmes
Difficile de rester indifférent face aux dimensions de la bête. Lors de son marquage, Contender affichait pas moins de 1 700 livres sur la balance, soit environ 770 kilos, pour une longueur avoisinant les 4,2 mètres. De quoi en faire, à ce jour, le plus grand mâle blanc jamais recensé dans tout l’Atlantique Nord. Il reste toutefois loin derrière Deep Blue, la femelle la plus imposante jamais observée dans le Pacifique, estimée à environ 6 mètres.
Les images prises lors de sa capture, en janvier 2025, donnent une idée assez frappante de sa carrure : mâchoire massive, regard noir perçant, et une silhouette qui écrase littéralement le bateau des chercheurs venus l’étudier de près. Une chose est sûre : entre deux plongées silencieuses, Contender continue de fasciner autant qu’il inquiète les habitués des plages du nord-est américain.