Un tribunal anglais a prononcé de lourdes peines à l’encontre de deux hommes reconnus coupables d’actes sexuels d’une violence inouïe sur un nourrisson. Des faits qui ont soulevé une vague d’indignation au Royaume-Uni.
Ethan Towers, 27 ans, et John Watson, 28 ans, ont été condamnés mercredi 1er avril par la Crown Court de Cambridge. Le juge Mark Bishop, visiblement marqué par la gravité de l’affaire, n’a pas mâché ses mots en qualifiant les deux hommes de « dangereux et constituant un risque pour le public ».
Selon les éléments présentés à l’audience, Towers, originaire de St Ives dans le Cambridgeshire, a violé le nourrisson à cinq reprises au cours de l’été dernier. Watson, lui, résidait à Westcliff-on-Sea, dans l’Essex. Il n’a pas commis les viols directement, mais a activement encouragé son complice à abuser de l’enfant, tout en échangeant avec lui des images pédopornographiques.
Le juge a tenu à souligner que « la jeunesse du bébé était extrême », une formulation rare dans les enceintes judiciaires, qui traduit à elle seule l’horreur de ce dont la cour a eu à traiter.
Watson se trouvait déjà sous le coup d’une ordonnance de prévention des atteintes sexuelles liée à des condamnations antérieures. Malgré cela, il a continué d’envoyer et de recevoir des contenus explicites impliquant un autre enfant de moins de 16 ans, et d’entretenir des communications à caractère sexuel avec des mineurs via les réseaux sociaux.
Des peines sévères, des vies dévastées
Towers a plaidé coupable de cinq chefs de viol. Watson, de son côté, a reconnu deux chefs d’incitation ou de provocation d’un enfant à des activités sexuelles, en plus de plusieurs infractions liées à des images indécentes d’enfants.
Towers a écopé d’une peine minimale de 12 ans et cinq mois de réclusion. Watson, considéré comme le plus impliqué en raison de ses antécédents et de son rôle de coordinateur, a été condamné à 13 ans et quatre mois. Des ordonnances restrictives ont également été prononcées à leur encontre, assorties d’une contribution aux frais de justice de 228 livres sterling, soit environ 269 euros, à régler à la victime.
C’est peut-être le moment le plus poignant de l’audience. Le juge a lui-même lu à voix haute la déclaration rédigée par la mère du nourrisson. Elle y confie que cette épreuve l’a laissée « plus isolée et effrayée que jamais ». Des mots simples, douloureux, qui résument à eux seuls le traumatisme que vivent les familles de victimes longtemps après que les portes des tribunaux se referment.
La déclaration d’un autre enfant contacté par les deux hommes sur les réseaux sociaux a également été lue lors de l’audience. Cette jeune victime, elle, dit se sentir « libérée » depuis la condamnation de Towers et Watson. Une lueur dans un dossier profondément sombre.
La police du Cambridgeshire a précisé avoir transmis le dossier aux autorités compétentes en matière de protection de l’enfance. Une enquête qui, manifestement, ne s’arrête pas aux portes de la prison.
