
Le 13 janvier dernier un important trafic de stupéfiants était démantelé dans le quartier de la Bretonnière à Dinan (22). 95 gendarmes étaient mobilisés pour l’opération après une enquête qui durait depuis l’été 2025. Plusieurs individus cagoulés, vêtus de noir, exportés du bassin rennais, « des profils guyanais étrangers au secteur », étaient repérés et interpellés. Un individu pas cagoulé, à la présence quotidienne était identifié. Les produits étaient stockés dans plusieurs appartements de la cité où les prévenus étaient hébergés parfois sans l’accord des occupants. Lors des perquisitions, cocaïne, héroïne, cannabis, armes, munitions et des portables étaient découverts. Une quinzaine de clients identifiés reconnaissaient leur implication.
Le 16 janvier, deux prévenus étaient condamnés, l’un devant le juge des enfants, un autre en CRPC et trois en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel malouin. Le dernier, suspecté d’être la tête du réseau demandait un renvoi et dans l’attente, placé en détention. Il était jugé ce lundi 9 mars en comparution immédiate différée.
Il conteste être le meneur
Lors des surveillances, l’homme était repéré régulièrement, véhiculé par sa compagne, soit dans la cité, soit lors d’allers et retours entre Rennes et Dinan. Il était aussi photographié sur le point de deal à recevoir de l’argent. Dans son téléphone, des photos des produits ou du point de deal, des contacts et des conversations avec des personnes impliquées étaient retrouvés. Il avait aussi acheté un fusil airsoft dans une armurerie. Dans le box du tribunal, le prévenu de 29 ans, d’origine guyanaise, déjà condamné pour des faits identiques, conteste nonchalamment avoir été le meneur malgré les témoignages des autres prévenus, de sa compagne enceinte de lui et de plusieurs consommateurs. Il serait venu à Dinan où « c’était tranquille », sur les conseils d’un pote alors qu’il rencontrait des difficultés conjugales avec sa conjointe rennaise. « Je traînais beaucoup dans le quartier mais j’allais à la maison de quartier pour jouer à la PlayStation », dit-il.
« Me mettre tous les trucs sur le dos ça va trop loin »
L’amie qui le véhiculait « n’est pas sa copine, juste une amie », même s’il lui arrivait de dormir chez elle, il vivait chez un ami. « J’ai dépanné quelques personnes de résine pour payer mes dettes mais je n’ai rien à voir avec le groupe de jeunes, me mettre tous les trucs sur le dos ça va trop loin », dit-il. Il conteste aussi porter le surnom que certains lui prêtent. Les photos dans son portable ? Des photos anodines. Le fusil ? En galère pour ses dettes, il l’avait acheté par peur des pressions subies. Mais la Présidente insiste sur la déposition de sa compagne, condamnée dans un premier temps et qu’il réfute. Pourquoi elle mentirait ? « On l’aurait menacée de lui retirer son premier enfant », répond l’accusé qui ignorait qu’elle était enceinte.
Face aux explications du prévenu qui « ne tiennent pas la route », la Procureure a insisté sur « l’activité délictuelle devenue violente dans la cité et le rôle clairement déterminé par les surveillances physiques du prévenu qui chapotait tout ça et relevait les compteurs ». Conformément aux réquisitions, Lyod Rubo a écopé de trois ans de prison ferme avec maintien en détention. Il lui est interdit de paraître à Dinan durant cinq ans et d’entrer en contact avec ses trois co-auteurs.