Le climat politique s’est considérablement tendu à Yaoundé le 4 août 2025, à l’ouverture des audiences du Conseil constitutionnel sur le contentieux préélectoral. Ce jour-là, 29 personnes ont été interpellées aux abords du Palais des Congrès, site de ces audiences cruciales pour l’échéance présidentielle du 12 octobre.
Par arrêté préfectoral daté du 6 août, le préfet du département du Mfoundi, Emmanuel Mariel Djikdent, a ordonné la mise en garde à vue de ces personnes pour une durée de 15 jours, renouvelable. Les chefs d’accusation avancés incluent notamment : troubles à l’ordre public, attroupement illégal, rébellion, ainsi qu’incitation à la révolte. L’exécution de cette mesure a été confiée au Commissariat central N°1 de Yaoundé.
Cependant, cette vague d’interpellations soulève de vives protestations. Le collectif des avocats de Maurice Kamto, candidat recalé à la présidentielle, dénonce des arrestations qu’il qualifie d’« arbitraires ». Selon les avocats, ce sont en réalité 58 personnes qui ont été appréhendées : 39 retenues au Commissariat central N°1 et 29 autres à la Légion de gendarmerie. Parmi elles, figureraient huit femmes en état de santé préoccupant. Les défenseurs affirment également que plusieurs personnes n’ont pas été présentées à un juge dans les délais légaux.
Le collectif pointe aussi une stratégie de ciblage basée sur l’apparence : des individus portant des tee-shirts floqués de slogans comme « NO MAKE ERREUR » ou « STOP », en référence à la campagne de vigilance citoyenne lancée par les partisans de Maurice Kamto, auraient été spécifiquement visés.
Le 4 août, la capitale camerounaise a été placée sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a quadrillé les alentours du Palais des Congrès. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser des regroupements spontanés. Des unités de police et de gendarmerie, équipées de matériel anti-émeutes, sont restées déployées dans plusieurs points névralgiques de la ville.
Ce climat de tension reflète les crispations grandissantes autour du processus électoral, à mesure que s’approche la date du scrutin présidentiel.


