La victoire du PSG en Ligue des champions a laissé derrière elle plus que des confettis. Samedi soir, Jeanne d’Hauteserre, ancienne maire LR du VIIIe arrondissement de Paris et conseillère régionale d’Île-de-France, a été agressée dans un taxi immobilisé sur le périphérique parisien. Un passager de scooter en maillot du PSG a brisé la vitre et tenté de lui arracher son sac à main, le poing dans l’œil.
Samedi 30 mai, vers 23 heures. Jeanne d’Hauteserre vient de quitter un plateau de télévision en compagnie de son mari. Elle commande un taxi pour rentrer chez elle. Jusque-là, rien d’inhabituel.
Sauf que Paris est en feu depuis quelques heures. Le PSG vient de remporter la Ligue des champions et des milliers de supporters ont envahi les rues. Le taxi se retrouve rapidement bloqué sur le périphérique intérieur, entre les portes d’Auteuil et de Passy, dans le XVIe arrondissement. L’élue raconte : « C’était complètement bouché par les supporters qui venaient à Paris faire la fête pour la victoire. Toutes les voitures étaient à l’arrêt. »
C’est dans cette immobilité forcée que tout bascule. Un passager à bord d’un scooter, portant un maillot du club parisien, profite de l’embouteillage. Il brise la vitre du taxi et tente de lui arracher brutalement son sac à main. L’agression est directe, violente. Jeanne d’Hauteserre reçoit un coup de poing dans l’œil.
Une élue ciblée, une enquête ouverte
L’information a été révélée par Le Parisien. Contactée par le journal, Jeanne d’Hauteserre a confirmé les faits personnellement. L’enquête a été confiée au commissariat du XVIe arrondissement.
“Je ne sais pas comment il s’y est pris et avec quel outil, mais la vitre du taxi a volé en éclats”, a confié Jeanne d’Hauteserre à nos confrères du Parisien. L’élue de 72 ans raconte ensuite ne s’être cependant pas laissée faire malgré la soudaineté de l’incident : “Je me suis débattue et il m’a mis un coup de poing dans l’œil. […] J’étais allongée sur le dos. Je ne me suis pas laissée faire et j’ai réussi à lui mettre quelques coups de pied et lui ai dit de dégager.”
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la brutalité du geste dans un contexte de liesse collective. L’agresseur n’a pas hésité à frapper une femme âgée dans un taxi verrouillé, en pleine nuit, au milieu de centaines d’autres véhicules. La foule et l’encombrement, loin de le dissuader, ont constitué une couverture idéale.
Jeanne d’Hauteserre n’est pas n’importe qui dans le paysage politique parisien. Ancienne maire du VIIIe arrondissement sous l’étiquette LR, elle siège aujourd’hui au conseil régional d’Île-de-France. Son agression fait partie des incidents graves recensés cette nuit-là dans la capitale, aux côtés du décès du jeune motocycliste sur le périphérique et de la tentative d’homicide dans le XVIe arrondissement au petit matin.
La question que cette nuit pose, concrètement, est celle de la gestion de la sécurité lors des grandes célébrations sportives à Paris. Le périphérique bouché, des voitures à l’arrêt pendant des heures, des scooters qui circulent entre les files : c’est dans ces interstices que la violence s’engouffre, loin des caméras et des dispositifs de maintien de l’ordre.
