Un homme de 35 ans, déjà victime d’une mutilation traumatisante commise par son épouse, fait face à une deuxième épreuve : ses images intimes dans un contexte hospitalier circulent désormais sur les réseaux sociaux. Ses avocats passent à l’offensive.
Le fait divers, survenu début mai dans la ville d’Angri en Campanie, avait déjà tout d’un récit glaçant. Cet homme bangladais, récemment installé en Italie avec sa femme, aurait suggéré d’agrandir leur logement pour accueillir une troisième personne, une autre femme. La réaction de son épouse a été brutale.
Selon les autorités, elle aurait attendu qu’il s’endorme pendant sa sieste d’après-déjeuner, saisi un couteau de cuisine, et sectionné le pénis de son mari. Quand les secours sont arrivés, elle déambulait sur place dans un état second, le couteau ensanglanté encore à la main, d’après les rapports de police. Elle a été arrêtée et inculpée de tentative de meurtre.
Les paramedics ont placé le membre sectionné dans de la glace dans l’espoir d’une réimplantation. Les chirurgiens, une fois à l’hôpital, ont estimé que la greffe était impossible.
Les enquêteurs, dirigés par le commandant des Carabinieri Gianfranco Albanese et le procureur local Gianluca Caputo, cherchent également à déterminer si la victime avait été droguée avant l’attaque, une analyse du dernier repas consommé est en cours.
Des images médicales privées répandues sur les réseaux : le scandale dans le scandale
L’affaire aurait pu en rester là, dans la catégorie des faits divers violents. Mais une deuxième violation est venue s’y greffer. Des photos montrant l’homme alité à l’hôpital, ainsi qu’un cliché de son pénis scellé dans un sac médical, ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux et dans des messageries privées.
Ses deux avocats, Angelo et Sergio Pisani, ont annoncé qu’ils allaient déposer une plainte pour identifier l’auteur de cette fuite. Dans un communiqué, ils ont déclaré : « Les images choquantes de l’homme mutilé, filmé sur un lit d’hôpital, accompagnées d’une photographie de son pénis dans un sac médical scellé, circulent en ligne via des salons de discussion et des réseaux sociaux dans un climat de véritable hystérie médiatique. »
Les avocats ont ajouté que « ce matériel est d’une gravité sans précédent », ce qui « laisse supposer qu’il a été diffusé depuis l’intérieur de l’établissement hospitalier ou par des personnes ayant eu un accès direct au patient lors de son traitement. »
Le ton est sans ambiguïté : « Une tragédie humaine et clinique a été transformée en spectacle viral. » Ils ont prévenu que « quiconque a diffusé ces images devra en répondre au plan pénal et civil, de même que toute responsabilité éventuelle de l’établissement de santé. »
C’est justement là que le dossier prend une dimension supplémentaire. La question de la responsabilité de l’hôpital, si des employés ou des visiteurs ayant accès au patient sont à l’origine de la fuite — pourrait s’avérer centrale dans les poursuites à venir.
Angelo Pisani, par ailleurs fondateur d’une association de lutte contre les violences domestiques, a choisi de défendre la victime gratuitement. Il a tenu à poser un cadre clair : « C’est un cas de violence sans précédent. Ce type de violence doit toujours être condamné, quelle qu’en soit l’auteure. »
Cette affaire rappelle, toutes proportions gardées, le cas Lorena Bobbitt aux États-Unis en 1993. Lorena Bobbitt avait elle aussi sectionné le pénis de son mari, John Wayne Bobbitt, avec un couteau de cuisine pendant son sommeil, alléguant qu’il l’avait violée. Elle avait jeté le membre par la fenêtre de sa voiture sur une route de Virginie, avant que les autorités ne le retrouvent dans un champ grâce à ses indications précises. Après une opération de dix heures, la réimplantation avait réussi. Lorena Bobbitt avait été acquittée pour raison d’aliénation mentale temporaire et internée brièvement. Le couple avait divorcé en 1995.
