Hantavirus Andes : une Française contaminée, le gouvernement en alerte

La Rédaction
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© AFP / Par Marine PENNETIER

Une passagère française rapatriée du navire de croisière MV Hondius vient de tester positive à l’hantavirus Andes. Trois personnes sont déjà mortes. Matignon se réunit en urgence.

Cinq ressortissants français avaient été rapatriés dimanche par avion depuis l’Afrique du Sud et placés à l’isolement à l’hôpital Bichat, à Paris. Dès lundi matin, le tableau s’est assombri pour l’une d’entre elles.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé sur France Inter que l’état de santé d’une femme s’était « malheureusement dégradé cette nuit » et que les « tests sont revenus positifs ». Interrogée sur l’engagement du pronostic vital, elle n’a pas esquivé : une dégradation chez un patient porteur de l’hantavirus peut conduire à un « pronostic vital engagé. C’est peut-être le cas de cette personne ».

Voilà qui a de quoi inquiéter. Surtout que la souche identifiée à bord du MV Hondius — l’hantavirus Andes — n’est pas n’importe quelle variante. C’est l’une des rares capables de se transmettre directement d’une personne à une autre, avec une période d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines. Son taux de létalité peut dépasser les 40 % selon les spécialistes. Et elle provoque notamment des syndromes respiratoires aigus sévères.

À ce stade, trois passagers du navire sont décédés selon l’Organisation mondiale de la Santé. Un ressortissant américain a également été testé positif, d’après le ministère américain de la Santé.

L’isolement, première ligne de défense

Les cinq Français hospitalisés à Bichat ne sont pas simplement mis à l’écart dans un couloir. Stéphanie Rist a précisé qu’ils sont « hospitalisés dans des chambres avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination » et qu’ils « y resteront jusqu’à nouvel ordre » — au minimum quinze jours.

C’est justement là que réside l’enjeu principal : identifier et isoler les cas contacts avant que les chaînes de transmission ne s’étendent. « Ce qui est important, c’est d’agir tout au début », a insisté la ministre. « C’est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus. »

Une vingtaine de Français ont d’ores et déjà été identifiés comme cas contacts. Huit d’entre eux se trouvaient à bord du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg — ils ont été « mis à l’isolement rapidement ». Les quatorze autres voyageaient sur le vol Johannesburg-Amsterdam du même jour. Une passagère néerlandaise infectée par le virus, et depuis décédée, était montée brièvement à bord de cet appareil avant de finalement ne pas embarquer.

Concernant ces quatorze personnes, la ministre a été directe : « Nous demandons qu’ils nous contactent parce qu’il faut qu’on puisse renforcer l’isolement. »

Un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel les oblige désormais à se signaler « sans délai » aux autorités sanitaires françaises, puis à observer « une mesure de quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation de leur risque d’infection, à laquelle il est procédé dans les trois jours qui suivent leur signalement ».

Matignon en réunion, le gouvernement appelle au calme

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a confirmé qu’une nouvelle réunion se tiendrait lundi après-midi à Matignon, à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, pour « suivre au plus près l’évolution de la situation ». Une première réunion avait déjà eu lieu dimanche.

Soyons honnêtes : le spectre du Covid-19 plane sur tous ces communiqués. Mais le gouvernement se veut ferme sur ce point. « Nous n’en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là » comme lors de l’épidémie de 2020, a assuré Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à « ne pas créer de panique ». Elle a réaffirmé que la situation était suivie « avec la plus grande vigilance, sur la base d’un virus que l’on connaît ».

L’OMS, de son côté, juge le risque épidémique « faible » — le virus étant nettement moins contagieux que le SARS-CoV-2. La France dispose, selon la ministre de la Santé, de stocks suffisants de masques et de tests : « J’ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez. »

Rappelons que le MV Hondius avait quitté Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril. Tous ses occupants sont désormais considérés par l’OMS comme des « contacts à haut risque » et feront l’objet d’une surveillance pendant quarante-deux jours.

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