Un immeuble de sept étages, une matinée ordinaire, et soudain tout bascule. L’incendie déclaré lundi matin à Décines-Charpieu, dans la banlieue est de Lyon, a coûté la vie à trois personnes dans ce qui ressemble de moins en moins à un accident.
Le feu s’est déclenché vers 7h30. Rapidement maîtrisé par les secours, il a néanmoins laissé derrière lui un bilan lourd : trois morts, confirmés progressivement au fil de la matinée par la préfecture du Rhône. La première annonce officielle, relayée sur le réseau social X, faisait état de deux victimes. Une troisième a été découverte par la suite, sans que les autorités ne précisent l’identité des personnes décédées.
Selon des sources proches du dossier, l’une des victimes s’est défenestrée en sautant du septième étage. Une image qui dit beaucoup sur le chaos de ces minutes-là.
Plus de 80 sapeurs-pompiers et une trentaine d’engins ont été mobilisés pour éteindre le sinistre. Cinq personnes ont été prises en charge pour inhalation de fumées — deux d’entre elles ont été transportées à l’hôpital. Une cinquantaine de résidents ont été évacués vers un gymnase municipal.
Un incendie d’origine criminelle
La préfecture ne laisse planer aucun doute : l’origine du feu est criminelle. Ce qui soulève immédiatement une question : qui, et pourquoi ?
Une source policière a indiqué à l’AFP que la piste d’un règlement de comptes entre trafiquants de drogues est sérieusement envisagée. L’enquête a été confiée à la direction de la criminalité organisée et spécialisée de la police judiciaire — pas exactement le service qu’on mobilise pour un feu accidentel. Le parquet de Lyon n’a pas commenté dans l’immédiat, mais une conférence de presse est prévue mardi.
Ce n’est pas la première fois que ce secteur de Décines-Charpieu fait parler de lui, et pas pour de bonnes raisons. Ces dernières semaines, le quartier a connu plusieurs départs de feu volontaires, auxquels s’ajoutent des tirs dits d’intimidation.
Le cas le plus frappant remonte au vendredi 24 avril : une femme rentrant chez elle avec ses deux enfants a été blessée au mollet par une balle perdue. Les tirs visaient cinq voitures en stationnement. Une scène de guerre urbaine, en plein jour, dans un quartier résidentiel.
Face à cette escalade, le dispositif policier avait déjà été renforcé dans le secteur, avec notamment le déploiement de CRS. L’incendie de lundi matin montre que ce renforcement n’a pas suffi à calmer les tensions.
