Fusillade à Nice : deux morts et six blessés dans le quartier des Moulins

La Rédaction
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Un lundi après-midi qui vire au cauchemar dans les Alpes-Maritimes. Le quartier des Moulins à Nice vient d’être frappé par une nouvelle fusillade meurtrière — deux morts, six blessés dont trois dans un état grave. Un bilan qui aurait pu être encore plus lourd.

Le mode opératoire a de quoi glacer le sang. Selon le procureur de Nice, Damien Martinelli, l’auteur des tirs « a été déposé par un véhicule, s’est rapproché en trottinette, il a fait feu et il est reparti en trottinette (…) récupéré par un véhicule qui a pris la fuite ». Organisé, rapide, chirurgical — presque. Les victimes ont entre 23 et 57 ans.

Les coups de feu ont claqué en plein après-midi, à proximité de la place des Amaryllis. Le maire de Nice, Éric Ciotti, arrivé rapidement sur les lieux, a évoqué un individu « qui a fait feu avec une kalachnikov ». Une kalachnikov. En pleine rue. En 2025.

Éric Ciotti parle de « fusillade terrifiante » et monte au créneau

Sur les réseaux sociaux, l’édile n’a pas mâché ses mots. Il déplore « une nouvelle fusillade terrifiante » et lance un avertissement direct à l’État : « La guerre contre le narcotrafic ne peut pas se solder par une défaite de la République. Nice attend une réaction à la hauteur, notamment en matière d’effectifs, qui font cruellement défaut à notre ville depuis des années. »

Ce n’est pas une sortie à chaud sans fondement. La ville était déjà sous tension depuis plusieurs jours — une série de tirs et d’incidents liés au trafic de stupéfiants avait déjà fait un blessé dans plusieurs quartiers. Dès dimanche, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, avait annoncé avoir réclamé « un renforcement significatif des effectifs de police sur les secteurs concernés afin de rétablir pleinement la sécurité ». Visiblement, ça n’a pas suffi.

Les Moulins, un quartier qui accumule les drames

À y regarder de plus près, ce quartier porte une histoire douloureuse que les chiffres résument mal. En octobre dernier, une voiture dont les occupants avaient ouvert le feu apparemment au hasard sur une place du quartier avait provoqué la mort d’un père de famille tchétchène de 57 ans et d’un jeune Niçois de 20 ans — ni l’un ni l’autre impliqué dans le moindre trafic. Des victimes collatérales d’une guerre qui ne les regardait pas.

Remontons un peu plus loin : en juillet 2024, sept membres d’une même famille — dont trois enfants et un adolescent — avaient péri dans un incendie criminel ciblant un appartement. Là encore, la drogue en toile de fond.

Ce qui frappe surtout, c’est la répétition. Ce n’est pas un quartier qui “dérape” ponctuellement. C’est un territoire où la violence s’est installée dans une sorte de routine tragique, pendant que les moyens de l’État restent, selon Ciotti lui-même, « cruellement » insuffisants. Entre les discours sur la fermeté et la réalité du terrain, le fossé se creuse — et les habitants des Moulins le paient de leur vie.

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