Angleterre: Un migrant de 14 ans accusé de viol libéré par le juge

Yvan Pedri
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Au tribunal de Brest, l’ancien professeur de karaté condamné à un an de prison ferme

14 ans. Arrivé en canot pneumatique. Condamné pour viol. Et pourtant libre.

C’est le scandale judiciaire qui enflamme le Royaume-Uni en ce moment. Un jeune migrant iranien de 14 ans, entré illégalement sur le sol britannique en juin dernier à bord d’un petit bateau, a violé une adolescente du même âge seulement trois mois après son arrivée. Le verdict du tribunal a laissé tout le monde sans voix, pas de prison, pas de centre de détention pour mineurs. Juste un programme de sensibilisation au consentement.

Le garçon, qui vivait en famille d’accueil et ne peut pas être nommé, avait rencontré sa victime dans un établissement scolaire du Bedfordshire. Le 23 septembre dernier, il l’a entraînée de force vers des buissons près d’un skate-park, l’a plaquée au sol et l’a agressée sexuellement malgré ses refus répétés. La procureure Cassandra Roberts a rapporté les faits sans détour lors du procès. “Elle disait ‘Laisse-moi’ et ‘Non’, et cela a été ignoré”, a-t-elle déclaré. Dans les heures qui ont suivi l’agression, l’agresseur a eu l’audace de poster des messages sur les réseaux sociaux évoquant l’attaque, relate The Sun.

Condamné en janvier pour viol et deux chefs d’accusation d’agression sexuelle, le jeune a été sanctionné en mars. Il écope d’une ordonnance de réhabilitation comprenant des sessions spécialisées “sur la compréhension du consentement, des limites et de la conscience des victimes”, ainsi qu’une interdiction de deux ans de revenir sur les lieux du crime.

La famille de la victime “furieuse”, la classe politique indignée

La famille de la jeune fille espérait une peine de prison ferme. Ce qu’elle a reçu est tout autre chose. Une source proche de la famille a confié au journal The Sun on Sunday son désarroi total. “La famille de la victime est furieuse. Elle est outrée. Cette peine est une véritable plaisanterie. Il n’y a aucune punition. Ce n’est pas du tout dissuasif. Le violeur est toujours libre et pourrait recommencer. La victime devra porter ça toute sa vie, pendant qu’il peut sortir comme si rien ne s’était passé.”

Du côté politique, la réaction ne s’est pas fait attendre. Chris Philp, secrétaire d’État à l’Intérieur pour l’opposition conservatrice, est monté au créneau sans ménagement. “Cet attaquant ignoble devrait être emprisonné pour ses crimes. La détention devrait être la seule punition pour les violeurs. Ces attaques continuent de se produire sous ce faible gouvernement travailliste qui a perdu le contrôle de nos frontières. La seule façon de régler cela est le plan frontières du Parti conservateur — quitter la CEDH afin de pouvoir expulser tous les immigrants illégaux et les délinquants étrangers.”

Un contexte qui amplifie le choc

Cette affaire s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu au Royaume-Uni. Trois jours plus tôt, trois hommes avaient été reconnus coupables d’un viol collectif à Brighton, dont un ressortissant égyptien recherché dans son pays pour meurtre, tous hébergés dans un hôtel trois étoiles financé par l’État. En parallèle, un autre migrant pédophile, ancien membre des Taliban, avait été condamné pour avoir entraîné une fillette de sept ans dans sa chambre d’hôtel, et pourrait être libéré avant la fin de l’année.

La législation britannique complique encore la situation. Les mineurs migrants non accompagnés bénéficient de protections juridiques renforcées qui empêchent généralement leur expulsion. Et le Royaume-Uni ne peut pas non plus renvoyer des ressortissants iraniens en Iran, considéré comme trop dangereux.

Le Home Office a réagi sobrement, rappelant que “les décisions de condamnation relèvent du pouvoir judiciaire indépendant”, tout en promettant que “les ressortissants étrangers qui commettent ces crimes ignobles seront expulsés à la première occasion”. Une promesse qui sonne creux quand la loi elle-même y fait obstacle.

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