Un adolescent mort, deux autres grièvement blessés, et des tireurs déjà dans la nature. La fusillade de Port-Boyer, ce jeudi, a sidéré un quartier de Nantes déjà meurtri par des mois de violences.
Les coups de feu ont claqué dans le quartier de Port-Boyer en fin de journée. Quand les secours arrivent, un adolescent gît sans vie. Deux autres mineurs sont blessés : l’un atteint à la cuisse, l’autre touché à la main et à l’abdomen. Transportés d’urgence à l’hôpital, leurs jours ne seraient pas en danger, selon une source proche du dossier.
Les auteurs des tirs ont pris la fuite sur un deux-roues. Aucune arrestation n’avait été annoncée dans les heures qui ont suivi.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, devait se rendre sur place dès le vendredi matin — signal clair que l’affaire est remontée au plus haut niveau de l’État.
« L’émotion est immense » : la maire de Nantes réagit
Johanna Rolland, la maire de Nantes, a pris la parole le soir même sur le réseau social X. Ses mots sont directs, sans détour politique : « Face à ce drame absolu », ses « premières pensées vont » aux parents de la victime « et aux habitants du quartier où l’émotion est immense ».
Absente de Nantes au moment des faits, elle a précisé que ses « adjoints de quartier et à la sécurité sont sur place aux côtés du Procureur et des forces de police », et qu’elle rejoindrait le quartier dès que possible.
Un jeune mineur a trouvé la mort dans une fusillade qui a également fait 2 blessés dans le quartier de Port Boyer ce soir. Face à ce drame absolu mes premières pensées vont à ses parents et aux habitants du quartier où l’émotion est immense.
— Johanna Rolland (@Johanna_Rolland) May 14, 2026
Ce genre de réaction institutionnelle, rodée, presque attendue — elle n’efface pas le fait brut : un gamin est mort dans une rue de Nantes ce jeudi soir.
Ce qui rend cette fusillade particulièrement glaçante, c’est le contexte. Port-Boyer n’en est pas à son premier épisode. Loin de là.
Fin avril, un jeune homme avait déjà été tué dans ce même quartier, un autre grièvement blessé par balle. Le procureur de Nantes, Antoine Leroy, avait alors évoqué des violences « potentiellement liées au narcotrafic ».
Le 10 mai, rebelote : un homme de 18 ans se faisait tirer dessus à la même adresse. Des douilles de pistolet-mitrailleur Sten avaient été retrouvées sur les lieux. Un détail qui dit beaucoup sur le niveau d’armement en circulation.
Selon Ouest-France, il s’agirait du 26e épisode de tirs recensé à Nantes depuis le début de l’année 2025. Vingt-six. En moins de cinq mois et demi. Le chiffre parle de lui-même — et il devrait inquiéter bien au-delà de la Loire-Atlantique.
Narcotrafic et escalade : ce que révèle cette fusillade
Trois victimes mineures dans un même quartier, sur une même adresse déjà visée deux fois en quelques semaines. La répétition du lieu n’est pas anodine. Elle suggère soit un territoire contesté, soit une logique de représailles qui s’emballe — les deux hypothèses n’étant pas mutuellement exclusives.
La piste du trafic de drogues, déjà mentionnée par le parquet en avril, plane à nouveau sur cette affaire. Les armes retrouvées lors du précédent incident — des Sten, des mitraillettes d’une autre époque réactivées pour le marché de la violence urbaine — témoignent d’une filière d’approvisionnement organisée, pas d’une rixe improvisée.
Que le ministre de l’Intérieur se déplace en personne le lendemain matin indique que l’État surveille de près l’évolution de Nantes dans les statistiques nationales de la violence armée. La question qui reste ouverte — et que personne ne veut vraiment trancher — est de savoir jusqu’où cette spirale peut encore monter avant que quelque chose change réellement dans le quartier.
