Une affaire judiciaire particulièrement troublante secoue le New Jersey aux Etats-Unis. Ashley Fisler, 36 ans, ancienne professeure de sciences sociales au collège Orchard Valley de Washington Township, comparaît devant la justice après avoir été arrêtée pour des faits présumés d’agressions sexuelles sur l’un de ses élèves. Ce qui choque au-delà des accusations elles-mêmes, c’est la stratégie de défense adoptée par son avocat, qui consiste à pointer du doigt la victime.
Selon la procureure du comté, Kylie Finley, les faits reprochés à Ashley Fisler remontent à plusieurs années. L’enseignante aurait commencé à entretenir une relation avec le garçon dès ses 12 ans, échangeant avec lui quelque 7 500 messages sur une période de six ans. Les enquêteurs décrivent un processus de manipulation progressive. Lorsque la victime a atteint l’âge de 16 ans, des relations sexuelles auraient eu lieu à plusieurs reprises, notamment dans le véhicule de l’enseignante et au sein même d’une salle de classe de l’établissement.
Les charges retenues contre Fisler sont lourdes. Elle fait face à une accusation d’agression sexuelle sur mineur au premier degré, ainsi qu’à deux chefs d’accusation au second degré pour mise en danger du bien-être d’un enfant et abus de fonction. Si elle est reconnue coupable du chef le plus grave, elle encourt jusqu’à 20 ans de prison, les deux autres charges pouvant chacune entraîner jusqu’à 10 ans d’emprisonnement supplémentaires.
La défense mise en cause pour sa stratégie controversée
C’est la ligne de défense choisie par l’avocat de Fisler, Rocco Cipparone, qui a suscité le plus de réactions. Plutôt que de contester frontalement les faits, il a tenté d’impliquer la victime dans la relation, en s’appuyant sur la teneur des messages envoyés par le garçon. “Il n’envoie pas de messages comme un enfant. Ses textos sont aussi explicites et directs que n’importe lesquels que j’aie vus de la part d’un adulte. Je ne dis pas qu’il n’a pas l’âge qu’il a, mais ce n’est pas le scénario de l’enfant innocent que Mme Finley est en train de construire d’un point de vue du risque et du danger”, a-t-il plaidé. Il a également affirmé que les preuves présentées par l’accusation sont “contextuelles, sélectives” et “seront contestées.”
Ces arguments ont été accueillis avec consternation par de nombreux observateurs. Les procureurs soulignent notamment qu’à plusieurs reprises, la victime aurait tenté de mettre fin à la relation en vain. Dans l’un des messages cités, le garçon aurait écrit à l’enseignante “Tu m’as volé mon innocence“, une phrase qui résume à elle seule la nature du préjudice subi.
Le juge William Ziegler a ordonné une mesure d’éloignement interdisant à Fisler tout contact avec la victime. L’enseignante reste placée en détention provisoire dans l’attente d’une décision sur une éventuelle mise en liberté sous caution.
