Pantin : il étrangle sa collègue, cache le corps dans un placard et participe aux recherches pour la retrouver

La Rédaction
3 Min Read

Il a ouvert des placards devant les policiers. Le même placard où il avait caché le corps de sa collègue. Trois jours après l’avoir tuée.

Brahim B. a 27 ans. Il est franco-tunisien. Il travaillait avec Yasmine Zekia Benhebri, 57 ans, dans l’agence Al Hayat Voyages, rue Magenta à Pantin, en Seine-Saint-Denis. Une structure spécialisée dans l’organisation de pèlerinages à La Mecque.

Le jeudi 23 avril, selon les éléments rapportés à l’audience, il aurait frappé puis étranglé sa collègue dans les locaux de l’agence. Il a ensuite dissimulé son corps dans un placard, enveloppé dans un sac-poubelle. Et puis il est sorti. Comme si de rien n’était.

Yasmine était une mère de famille sans histoires. Rien ne laissait présager une telle fin.

Trois jours à faire semblant

Ce qui distingue cette affaire des autres, c’est ce qui s’est passé après. Brahim B. n’a pas disparu. Il n’a montré aucun signe de fuite. Il a participé aux recherches. Il a aidé à diffuser l’avis de disparition. Il a alerté les commerçants du quartier. Et quand les policiers sont arrivés à l’agence, il a ouvert des placards devant eux.

Le corps de Yasmine n’a été découvert qu’après plus de trois jours.

L’enquête, ouverte au départ pour disparition inquiétante, a basculé grâce aux incohérences relevées dans l’emploi du temps du suspect et aux données téléphoniques. Le dernier bornage du téléphone de Yasmine situait son signal à l’agence. Le scénario s’est alors écroulé.

“Pour moi, elle avait juste disparu”

Interrogé par la juge des libertés sur sa participation aux recherches, Brahim B. a répondu sans ciller. “Je ne me rendais pas compte que j’avais commis cet acte. Pour moi elle avait juste disparu.”

Une phrase qui laisse sans voix.

Le ministère public a, lui, évoqué “l‘extrême violence” des faits, possiblement liée à une “intolérance à la frustration“. Selon les informations du Parisien, Brahim B. aurait mentionné une demande d’aide financière que Yasmine aurait refusée. Une explication que le parquet invite à manier avec précaution. “C’est un huis clos et nous n’avons pour l’heure que les déclarations du mis en examen”, a rappelé le ministère public.

Son avocat, Me Adrien Sorrentino, a reconnu les faits sans ambiguïté tout en soulignant ce qui reste inexpliqué. “Un meurtre complètement reconnu“, a-t-il dit, avant d’ajouter. “Il nous manque le pourquoi de ce quelque chose d’abominable.”

Brahim B. a été mis en examen ce mercredi 29 avril pour meurtre. À l’issue de son passage devant la juge des libertés et de la détention de Bobigny, il a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet.

Yasmine Zekia Benhebri laisse derrière elle une famille et un quartier sous le choc. Ceux qui ont cherché avec lui ne sont pas près d’oublier.

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire