Attaque au couteau antisémite à Londres : deux Juifs poignardés à Golders Green, le suspect criait “Allahu Akbar”

Yvan Pedri
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Ce mardi matin, le quartier de Golders Green s’est transformé en scène de guerre. Un homme armé d’un couteau a attaqué plusieurs personnes dans ce secteur du nord de Londres, à forte concentration juive. Les images sont insoutenables.

Les vidéos opubliées par le Daily Mail montrent le suspect se précipiter sur un homme qui attendait à un arrêt de bus et le poignarder frénétiquement, avant que deux passants courageux n’interviennent pour le stopper.

Dans d’autres images, on voit une silhouette accroupie suivre un homme habillé en tenue ultra-orthodoxe dans une rue proche d’une synagogue. Il prend ensuite en embuscade un autre Juif marchant en sens inverse. On entend distinctement sur la bande audio le suspect crier “Allahu Akbar”.

Deux victimes ont été transportées à l’hôpital dans un état stable. L’une est âgée d’une soixantaine d’années, l’autre d’une trentaine d’années. Le premier a été poignardé à l’arrêt de bus et s’est réfugié dans une pizzeria voisine, où un employé lui a porté secours. Tariq Aziz, le gérant, témoigne sans détour. “Il est venu dans notre boutique, je lui ai donné un mouchoir et l’ai aidé, puis la police est arrivée soudainement et a arrêté le type.”

Le suspect arrêté après avoir été tasé

Le suspect, un homme de 45 ans, a également tenté de poignarder des policiers avant d’être neutralisé par un pistolet à impulsion électrique. Des témoins rapportent qu’il a fait un arrêt cardiaque après avoir été tasé. Un passant a sauté sur lui pour aider les agents à le maîtriser.

La police métropolitaine indique qu’elle “travaille à établir sa nationalité et ses antécédents”. Ce sont les unités spécialisées de la lutte antiterroriste qui mènent l’enquête.

Yecottien Benouaich, 40 ans, habitant du quartier, connaissait personnellement la victime âgée. Il dit sans hésiter que cet homme a été “poignardé parce qu’il était juif”.

L’attaque s’est produite à quelques centaines de mètres seulement de l’endroit où quatre ambulances communautaires juives avaient été incendiées le mois dernier. La police enquête également sur des attaques incendiaires visant deux synagogues et un mur commémoratif.

Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié les agressions de “profondément préoccupantes” et affirmé que son gouvernement était “absolument résolu à traiter ce type de crimes, que nous avons trop souvent vus ces derniers temps”. Des mots qui n’ont pas suffi à calmer les esprits.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a répondu sans ménagement que les déclarations de Starmer “ne remplacent pas la confrontation aux racines de l’antisémitisme” et que “le gouvernement britannique ne peut plus prétendre avoir la situation sous contrôle”.

Le Grand Rabbin Sir Ephraim Mirvis a été encore plus direct. “Les mots de condamnation ne suffisent plus”, a-t-il déclaré, appelant à “des actions concrètes”.

La cheffe de file des conservateurs, Kemi Badenoch, a haussé le ton. “Les Juifs de notre pays sont constamment attaqués. Ce n’est plus un schéma en expansion. C’est une épidémie de violence contre les Juifs. C’est désormais une urgence nationale et doit être traitée comme telle par le gouvernement et les autorités publiques.”

Andrew, un habitant juif de Golders Green accouru sur les lieux, résume ce que beaucoup ressentent. “Ce n’est pas une surprise que quelque chose comme ça se soit produit. Nous vivons avec l’antisémitisme, on brûle nos ambulances et on nous harcèle tous les jours. C’est vraiment dommage que les Juifs doivent vivre dans la peur à Londres, et beaucoup partent s’installer ailleurs. Ça s’est aggravé ces dernières années et le gouvernement n’aide pas.”

Une vague d’attaques coordonnées sur fond de connexions iraniennes

Ce n’est pas un incident isolé. Depuis le firebombing des ambulances à Golders Green, 26 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une série d’attaques visant la communauté juive londonienne. Dimanche soir encore, un homme de 37 ans a été interpellé près de Barnstaple, dans le Devon, pour soupçon de préparation d’actes terroristes. Il a été transféré à Londres et remis en liberté conditionnelle.

Le groupe pro-iranien Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia a revendiqué plusieurs de ces attaques. Des locaux liés à des opposants au régime iranien ont également été pris pour cible.

Moishe, 30 ans, géomètre qui avait lui-même subi des violences antisémites la semaine dernière à Slough, ne mâche pas ses mots. “Encore. Et encore. Et encore. Beaucoup de paroles, aucune action. Les Juifs britanniques doivent accepter la réalité que nous ne sommes pas en sécurité ici. Cette haine a été laissée sans contrôle depuis si longtemps qu’elle est ancrée dans notre société, elle est partout, et il est trop tard.”

Karen Pollock, directrice générale du Holocaust Educational Trust, a résumé l’état de choc d’une communauté à bout. “Attaque après attaque après attaque. La vie juive dans ce pays est menacée comme elle ne l’a pas été depuis des générations. C’est une période profondément inquiétante et cela ne peut pas continuer.”

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