
La deuxième journée du procès de Tanguy Pengam, accusé d’avoir poussé et causé involontairement la mort d’Olivier Gauthier, lors d’une soirée brestoise le 18 mai 2019, a débuté dans l’émotion. À la barre, les proches de la victime se sont succédé pour brosser le portrait d’un jeune homme de 29 ans unanimement décrit comme « aimant ». Sa sœur et sa mère ont ensuite évoqué ses troubles poliglobuliques qui lui avaient causé deux embolies pulmonaires, ainsi que sa fragilité générale.
« Aucun geste d’agressivité »
Questionné sur cette soirée du 18 mai 2019, le père a également tenu à commenter la vidéosurveillance de l’arrêt de tram ayant filmé l’altercation : « Je n’ai pas le sentiment d’avoir vu mon fils agressif mais plutôt passif. Avec l’alcoolémie qu’il avait (2,9 grammes par litre de sang, NDLR), il ne pouvait pas être agressif. » « Sur l’ensemble de cette vidéo, vous n’avez vu de la part d’Olivier aucune posture, aucun geste d’agressivité, a insisté Me Buffeteau, avocat des parties civiles plus tard dans la matinée. Il est pénible, sûrement, mais fondamentalement inoffensif. »
Une vulnérabilité évidente ?
Stéphane Kellenberger, l’avocat général, a d’ailleurs demandé à la cour de reconnaître l’état d’ivresse – et donc la fragilité – dans lequel se trouvait la victime au moment des faits comme circonstance aggravante, puisque l’accusé ne pouvait l’ignorer. La peine maximale encourue par Tanguy Pengam serait alors passée de 15 à 20 années d’emprisonnement. « Si on commence à considérer que s’alcooliser est une forme de circonstance atténuante pour la victime dans le cas de violences… », s’est étonné, en retour, Me David Rajjou, l’avocat de la défense. Avant de s’emporter en entendant les dix années de prison requises contre son client. « La prison, ça a du sens pour les gens qui sont dangereux pour la société. (…) Quel est l’intérêt de l’envoyer dans une cellule ? De lui bousiller la vie ? (…) Il va tout perdre. C’est une décision qui ne mènera nulle part », a-t-il plaidé, mettant en avant la société d’élagage lancée par Tanguy Pengam, ainsi que la stabilité trouvée avec sa nouvelle compagne, sur l’Île de la Réunion. Me Rajjou a également rappelé que, plus tôt dans la journée, les parties civiles avaient demandé « justice » en assurant ne pas être dans un esprit de « revanche » et a donc suggéré aux jurés une peine de prison avec sursis en retour.
Après presque quatre heures de délibéré, ces derniers ont décidé de condamner Tanguy Pengam à cinq ans de prison dont trois ans ferme sans mandat de dépôt. Ils n’ont pas retenu de circonstances aggravantes, rejetant la demande de l’avocat général. Aucune des parties n’a annoncé faire appel.