Que peut faire une femme lorsqu’elle pense que ses dernières secondes sont arrivées ? En mai 2012, Latonya Bowman, enceinte de neuf mois, a trouvé une parade aussi simple que désespérée pour rester en vie. Son ancien compagnon et un complice venaient de tenter de la tuer.
Latonya Bowman, enceinte de neuf mois, tombe dans un piège
L’histoire de Latonya Bowman s’est déroulée à Warren, dans le Michigan. Le 25 mai 2012, cette jeune femme de 22 ans avait passé la soirée avec Jamal Rogers, son ancien compagnon et père de l’enfant qu’elle portait.
Ils étaient notamment allés voir un film au drive-in. Rien ne laissait alors penser que cette soirée allait virer au cauchemar.
Après la séance, Latonya a ramené Rogers à son domicile. Une fois dans le garage, un homme armé l’a surprise. Il lui a placé une arme sur la tête avant de la ligoter avec du ruban adhésif.
La suite était préparée. Latonya a été placée à l’arrière de son propre SUV. Son agresseur lui a également recouvert les yeux avec du ruban adhésif avant de prendre la direction de Detroit.
À ce moment-là, la jeune femme était enceinte de neuf mois. Son bébé pouvait arriver à tout moment.
Elle est conduite dans un endroit isolé puis attaquée
Le véhicule s’est arrêté près d’un terrain abandonné à Detroit. Les enquêteurs ont établi que Latonya avait été aspergée d’un liquide inflammable avant d’être incendiée.
La scène aurait pu lui être fatale.
Pourtant, alors qu’elle était en flammes, elle a réussi à se rouler au sol pour tenter d’éteindre le feu. Elle a ensuite été touchée par balle à l’épaule. Les blessures étaient sérieuses, mais Latonya avait encore un réflexe de survie.
Elle a fait semblant d’être morte.
Pourquoi cette décision ? Parce que ses agresseurs devaient croire leur victime hors d’état de réagir. La stratégie a fonctionné. Pensant avoir terminé leur besogne, les deux hommes ont quitté les lieux.
Latonya n’était pourtant pas morte.
Blessée, elle parvient à rejoindre la route
Dès que ses agresseurs ont disparu, la jeune femme a repris ses esprits et s’est dirigée vers son véhicule.
Elle a réussi à prendre le volant malgré ses blessures. Son état était alarmant, mais elle avait encore assez de force pour chercher de l’aide.
Latonya s’est d’abord rendue dans une station-service, puis chez sa mère. Elle a finalement été transportée à l’hôpital. Les médecins ont alors dû prendre en charge à la fois la future maman et son bébé.
Ce qui frappe surtout dans cette affaire, c’est le timing. Latonya était déjà à quelques jours de son terme.
Et son corps venait de subir une attaque extrêmement violente.
Quelques jours plus tard, son bébé vient au monde
Le lundi suivant l’agression, Latonya a commencé à accoucher. Les médecins ont finalement pratiqué une césarienne en urgence au William Beaumont Hospital, à Royal Oak.
Le petit garçon est né le mardi 29 mai, quelques jours seulement après l’attaque.
À sa naissance, le bébé a dû être placé sous assistance respiratoire. Son état s’est ensuite amélioré et il a pu être retiré du respirateur.
La mère, elle aussi, a progressivement récupéré. Elle avait notamment subi des brûlures au front et au torse.
Le contraste est saisissant : quelques jours auparavant, Latonya était laissée pour morte dans un terrain isolé. Elle se retrouvait ensuite à l’hôpital, auprès de son nouveau-né.
Son ancien compagnon voulait éviter la naissance de l’enfant
L’enquête a rapidement conduit les policiers vers Jamal Rogers.
Les enquêteurs ont découvert que le projet ne semblait pas être né quelques heures avant l’attaque. Selon les éléments présentés par la police, Rogers et Antonio Mathis auraient commencé à discuter du meurtre dès mars 2012.
La raison avancée était particulièrement glaçante. Rogers ne souhaitait pas avoir un nouvel enfant avec Latonya. Les enquêteurs ont notamment relevé des déclarations dans lesquelles il indiquait ne pas vouloir assumer cette nouvelle paternité.
Mathis, présenté comme son ami et colocataire, aurait accepté de participer au plan.
Les deux hommes ont finalement été arrêtés et poursuivis pour plusieurs infractions, dont tentative de meurtre, complot et séquestration.
Les deux hommes sont finalement condamnés
L’affaire ne s’est pas arrêtée aux arrestations.
En mai 2013, un jury du comté de Macomb a reconnu Jamal Rogers et Antonio Mathis coupables des faits principaux qui leur étaient reprochés. Les deux hommes risquaient alors la prison à vie.
Les décisions rendues ensuite ont confirmé la lourdeur des peines.
Antonio Mathis a notamment été condamné à la perpétuité pour son rôle dans le complot visant un meurtre au premier degré, ainsi qu’à une longue peine pour tentative de meurtre et séquestration. Jamal Rogers a lui aussi reçu une peine à perpétuité pour le complot, avec des peines supplémentaires pour les autres infractions.
L’affaire a également fait l’objet d’un épisode de la série documentaire américaine Fatal Attraction, consacré à l’attaque contre Latonya Bowman.
Des années après les faits, son histoire reste associée à une scène qui aurait pu tourner autrement. Ligotée, brûlée et blessée par balle, Latonya avait compris qu’une seule chose pouvait lui donner une chance : convaincre ses agresseurs qu’elle ne représentait plus aucun danger. Ce choix lui a permis de reprendre son véhicule et de chercher des secours, alors que son bébé était encore dans son ventre.