Affaire Lyhanna : le corps retrouvé dans le Gers est bien celui de la fillette de 11 ans

Écrit par
Yvan Pedri
Écrit parYvan Pedri
Journaliste – Actualité People Yvan Pedri est journaliste spécialisé dans l'actualité people et les tendances du divertissement. Il couvre les grands événements médiatiques, les nouvelles des...
7 Min Read

L’autopsie a tranché. Ce vendredi 5 juin, le parquet d’Agen a officiellement confirmé que le corps découvert la veille dans un silo agricole désaffecté près de Puycasquier, dans le Gers, est bien celui de Lyhanna, 11 ans, disparue le 29 mai. La cause de la mort reste inconnue.

Ce que dit le procureur d’Agen

Jeudi 4 juin, les enquêteurs avaient retrouvé un corps dans une usine agricole à l’est du département du Gers. Le corps portait des vêtements similaires à ceux de Lyhanna, cette fillette de 11 ans signalée disparue depuis le mardi 29 mai.

L’autopsie réalisée dans la foulée a fourni ses premiers résultats ce vendredi. Le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, a confirmé l’identification. Mais il a immédiatement tempéré toute interprétation hâtive : « En revanche, les médecins légistes, en l’état de leurs investigations, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’indiquer quelles sont les causes de la mort ; dès lors des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés et vont être diligentés. Dès lors que les causes auront été indiquées par les médecins légistes et experts, une nouvelle communication sera proposée ; le délai en reste en revanche non déterminé. »

En clair : on sait que c’est Lyhanna. On ne sait pas encore comment elle est morte.

Le suspect : un homme avec un lourd historique de signalements

L’affaire a pris une dimension bien plus sombre avec le profil du principal suspect, Jérôme B., actuellement en détention. Cet homme a fait l’objet de multiples signalements et plaintes pour des faits présumés de violences sexuelles sur mineurs, s’étalant sur près d’une décennie.

La procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a détaillé publiquement la chronologie lors d’une conférence de presse.

Tout commence en décembre 2017. La gendarmerie est saisie par la mère d’une jeune femme de 17 ans qui entretenait une relation avec le suspect, alors trentenaire. La procédure est classée sans suite en 2018, en l’absence d’infraction, compte tenu de l’âge de la jeune fille et du caractère consenti de la relation.

En février 2021, Jérôme B., qui exerçait alors comme agent d’entretien au lycée de Lectoure, est licencié « après une procédure disciplinaire à la suite du signalement d’un comportement inapproprié envers une lycéenne ». Ce point est important : un responsable de l’établissement a « spontanément contacté la gendarmerie » le 31 mai 2026 à ce sujet. La procureure a précisé que « des vérifications urgentes sont en cours afin de savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement aux autorités judiciaires ».

Trois plaintes, des classements sans suite, et des questions béantes

En 2022, une première plainte pour viol présumé est déposée. Les faits auraient eu lieu en 2020, dénoncés par une mineure née en 2013, au domicile du suspect à Montestruc-sur-Gers. Cette plainte n’est transmise au parquet qu’en début d’année 2024. Les investigations n’ont pas permis « d’étayer les déclarations » de la fillette. L’affaire est classée le 28 mai 2024. La procureure a estimé « tout à fait envisageable » que ce dossier soit « réexaminé à la lumière des événements récents ».

En août 2025, une deuxième plainte est déposée à Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne, pour viols commis entre septembre 2024 et mai 2025, toujours au domicile du suspect. La victime, née en 2014, est entendue cinq jours après le dépôt de plainte. Des examens médico-légaux et psychologiques sont réalisés à l’automne 2025. Le parquet de Toulouse se dessaisit au profit de celui d’Auch, et le 9 janvier 2026, la procédure est adressée à la gendarmerie de Lectoure. La procureure précise que le dernier « contact téléphonique » entre son parquet et les gendarmes remonte au 23 janvier. Des actes d’enquête avaient été prescrits, « notamment un complément d’audition de la mère de la mineure, des auditions de témoins, des réquisitions téléphoniques », selon Clémence Meyer, qui a souligné que « cette enquête était en cours au moment de la disparition de Lyhanna ».

Une troisième plainte, « pour viol sur mineur », a été portée à la connaissance de la procureure le 3 juin 2026. Elle n’avait pas davantage d’éléments à communiquer à ce stade. Selon La Dépêche du Midi, il pourrait s’agir de la plainte évoquée par le père d’une fillette de 11 ans, mettant en cause des agissements présumés du suspect survenus lors d’une soirée pyjama à son domicile à l’été 2025.

Macron parle de « dysfonctionnements inacceptables »

La réaction du président de la République est venue rapidement. Emmanuel Macron a jugé ces « dysfonctionnements » « inacceptables » et a estimé que « ce n’est pas une question de moyens » mais de « responsabilités » qui devront être établies par les enquêtes administratives.

Sa formulation est explicite : « Depuis 2017, j’invite chacun à regarder les moyens qui ont été mis dans la gendarmerie, dans la justice. Donc c’est une question de réponse, de fermeté, d’organisation, de responsabilité. »

Ce qui ressort de l’ensemble des révélations, c’est la répétition des alertes restées sans suite suffisante. Un licenciement disciplinaire, trois plaintes, plusieurs dossiers transmis avec retard, une enquête encore active au moment de la disparition de Lyhanna. Comment une telle succession de signalements n’a-t-elle pas conduit à une intervention plus précoce ? C’est la question centrale à laquelle les enquêtes administratives ordonnées devront répondre.

 

Mots associés
Partager cet article
Écrit parYvan Pedri
Follow:
Journaliste – Actualité People Yvan Pedri est journaliste spécialisé dans l'actualité people et les tendances du divertissement. Il couvre les grands événements médiatiques, les nouvelles des célébrités ainsi que les sujets qui suscitent le plus d'intérêt auprès du grand public.Reconnu pour sa réactivité et son souci de précision, il s'attache à publier des contenus rigoureusement vérifiés tout en restant proche des attentes des lecteurs de La Minute du Buzz.Domaines d'expertise : Actualité people, médias, télévision, stars internationales, influence digitale.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire