Remplaçant face à Oviedo, Kylian Mbappé a lâché une bombe en zone mixte. Une sortie qui met directement en cause son entraîneur — et qui en dit long sur l’ambiance au Real Madrid en fin de saison.
« J’étais à 100 % et prêt à jouer » : Mbappé monte au créneau
Il aurait pu rester discret. Encaisser, rentrer chez lui, laisser passer. Mais Kylian Mbappé n’est pas ce genre de joueur. Jeudi soir, après la victoire du Real Madrid contre Oviedo (2-0), le Français a choisi de parler. Et ce qu’il a dit mérite qu’on s’y arrête.
Interrogé par l’Equipe sur son statut de remplaçant, il ne s’est pas défilé :« Étiez-vous apte pour jouer titulaire ce soir ? Oui, j’étais à 100 % et prêt à jouer dès la première minute. Je n’ai pas joué parce que l’entraîneur m’a dit que j’étais le quatrième attaquant de l’effectif ce soir, derrière Gonzalo Garcia, Vinicius et Mastantuono. C’est sa décision, il faut la respecter. Chacun a ses idées et sa philosophie de jeu. Je l’accepte et je joue le temps qu’on me donne. Je ne suis pas en colère contre lui mais il faut que je travaille dur pour redevenir titulaire et être meilleur que Gonzalo, Mastantuono et Vini. »
Le ton est posé. Presque trop posé. Mais derrière cette apparente sérénité, le message est clair : Mbappé conteste publiquement la décision d’Alvaro Arbeloa. Quatrième attaquant. Le mot fait mal.
Arbeloa répond : une version très différente
La réaction du coach madrilène n’a pas tardé. Et elle contredit point par point ce qu’a avancé son joueur.
Selon Arbeloa, Mbappé l’aurait « mal compris ». L’entraîneur a expliqué qu’il ne souhaitait « pas prendre de risque » pour un match de Liga sans enjeu face à Oviedo — club déjà relégué, Real déjà éliminé de toute course au titre depuis sa défaite le dimanche précédent contre le FC Barcelone, champion. « Si il y a quatre jours il n’était même pas en mesure d’être sur le banc, avec un autre match à jouer trois jours plus tard, j’estime qu’il n’était pas en état de débuter ce soir », a détaillé le coach madrilène.
Un désaccord de fond ou une simple incompréhension ? Difficile à trancher. Ce qui est sûr, c’est que cette passe d’armes publique ne ressemble à rien de bien normal pour un club comme le Real Madrid.
Les sifflets, l’Italie et le reste : Mbappé s’explique sur tout
Mbappé n’a pas seulement parlé de sa mise sur le banc. Il a répondu à toutes les questions, y compris les plus inconfortables.
Sur les sifflets des supporters madrilènes à son égard : « Ça fait partie du jeu, de la vie. Il faut l’accepter. C’est une opinion que les gens expriment. Ils m’ont sifflé parce qu’ils ne sont pas contents. Je ne peux pas changer l’opinion des gens quand ils sont fâchés. Mais je ne dois pas le prendre personnellement. Ça fait partie de la vie d’un joueur du Real Madrid. Mais personne ne va mourir ce soir. C’est normal quand on ne gagne pas que les gens choisissent de siffler des joueurs. »
Sur son voyage en Italie, qui lui a valu des critiques : « En vacances ? Vous ne savez pas ce que j’ai fait en Italie. Vous ne savez pas si j’étais en vacances. Vous dîtes vacances mais vous ne savez pas. »
Puis, sur sa part de responsabilité dans la saison ratée : « Je me suis trompé en ne parvenant pas à aider l’équipe à gagner des titres. C’est ça le plus important. Le reste, ce sont des opinions. Les gens ne connaissent pas le contexte. J’avais l’autorisation du club et je n’étais pas le seul joueur à être parti de Madrid. Tout cela ne sert qu’à vendre du papier. La seule chose importante ici est de gagner des titres. On ne l’a pas fait. Là on s’est trompé. »
Le dossier Xabi Alonso, toujours ouvert
À y regarder de plus près, la comparaison avec Xabi Alonso reste le fil rouge de tout ce malaise. Mbappé ne s’en cache pas. Son entraîneur parti, quelque chose s’est cassé.
« J’ai une grande relation avec Xabi. Tout le monde sait ce que je pense de lui. On a bien commencé la saison, on avait tout. Ensuite, on a tout perdu en deuxième partie. Ça fait très mal parce qu’on avait une structure et une idée de jeu. Mais c’est le passé et il faut aller de l’avant. »
La nostalgie est là, à peine voilée. Mbappé n’accuse personne nommément mais le contraste qu’il dresse avec la première partie de saison dit tout.
La Coupe du monde comme horizon
Une saison de merde, un entraîneur avec qui le courant ne passe pas, des supporters qui sifflent. Mbappé regarderait-il déjà vers l’été avec soulagement ?
Il semblerait. Interrogé sur la Coupe du monde 2026, sa voix a changé de registre : « C’est une opportunité incroyable pour tous les joueurs que de jouer cette compétition. Il y a beaucoup de pression, mais ça va être très amusant. Je pense toujours à l’enfant que j’étais. Je rêvais de représenter mon pays. Nous allons y aller avec l’intention de donner le meilleur. Il faut être concentré sur l’objectif. On va arriver le 28 ou 29 mai avec l’intention de représenter le pays et d’être le meilleur. »
L’enfant qui rêvait de Coupe du monde n’a pas disparu. Mais l’homme qui doit gérer Arbeloa, les sifflets et les tabloïds italiens, lui, il attend visiblement le mois de juin avec une impatience assez facile à comprendre.
