Visage familier du 13h de France 2 et de Télématin, Nathanaël de Rincquesen s’apprête à quitter France Télévisions. Discret, le départ. Moins, les circonstances qui l’entourent.
Selon les informations publiées ce 12 mai par La Lettre, le journaliste de 54 ans a reçu une lettre le convoquant à un entretien préalable à licenciement, fixé au vendredi 15 mai. La procédure est en marche. Et dans ce type de situation, les issues favorables au salarié restent rares.
Ce qui rend ce départ particulier, c’est le profil de l’intéressé. Nathanaël de Rincquesen n’était pas simplement un présentateur parmi d’autres chez France Télévisions. Élu en 2020 avec le soutien du syndicat Force Ouvrière, il siégeait depuis au conseil d’administration de France 2 en tant que représentant des salariés. Un statut protégé, par définition — mais qui a ses limites dans le temps.
« Conformément aux règles qui régissent les mandats syndicaux, Nathanaël de Rincquesen a été protégé six mois à l’issue de son mandat de cinq ans au conseil d’administration », précise La Lettre. Ce délai est désormais écoulé. La protection syndicale ne joue plus.
Le précédent Karine Baste-Régis : quand le mandat syndical complique la vie des jokers
Ce n’est pas la première fois que France 2 se retrouve dans une situation délicate avec un présentateur-joker cumulant un mandat syndical. L’histoire se répète, presque à l’identique.
En 2014 déjà, Alexandre Kara, alors directeur de l’information de la chaîne, avait mal vécu l’indisponibilité de Karine Baste-Régis — également joker et représentante des salariés — pour assurer le remplacement estival d’Anne-Sophie Lapix au « 20 heures ». Quatre présentateurs différents s’étaient succédé à l’antenne cet été-là, faute de pouvoir mobiliser les titulaires habituels du rôle. « Le fait que les deux représentants salariés avaient des postes de “joker” avait gêné le directeur de l’information », rapportait-on à l’époque.
Le message implicite était clair : le mandat syndical et la souplesse d’un poste de joker font mauvais ménage, du point de vue de la direction.
Un effacement progressif depuis fin 2024
La trajectoire de Nathanaël de Rincquesen chez France Télévisions ces derniers mois dessine une sortie par étapes. À la fin de l’année 2024, il perdait son rôle de joker du « 13 Heures » de France 2, remplacé par Maya Lauqué. Un poste qu’il occupait depuis plusieurs années et qui constituait l’une de ses vitrines principales sur la chaîne.
Depuis 2019, il intervenait également sur France info en couverture de certaines tranches en soirée. Et depuis 2020, il incarnait l’émission « INAttendu » sur la même chaîne, un programme consacré aux archives de l’INA. Selon La Lettre, ce format ne devrait pas être reconduit à la rentrée prochaine sous sa forme actuelle. Une page se tourne, donc, sur plusieurs fronts simultanément.
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la façon dont tout s’est déroulé — ou plutôt ne s’est pas vu. Aucune annonce, aucun communiqué de France Télévisions, aucun hommage public pour un journaliste qui présentait pourtant le journal de la mi-journée de l’une des premières chaînes françaises. Les évictions discrètes ont leurs codes, et France Télévisions les maîtrise visiblement bien.
