Un footballeur écope d’une peine avec sursis après avoir assommé un adversaire d’un coup de coude filmé

François Xavier
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La vidéo avait fait le tour d’internet en quelques heures. Un joueur amateur frappe un adversaire d’un coude en plein visage, le laissant inconscient sur la pelouse. Aujourd’hui, l’auteur des faits connaît sa peine — et évite de justesse la prison ferme.

Les faits remontent au 17 janvier, lors d’un match de l’Ardal North West League opposant Trearddur Bay à Porthmadog, au pays de Galles. Thomas Taylor, 36 ans, ancien footballeur professionnel passé par Shrewsbury Town et présent ce jour-là dans un rôle d’entraîneur-joueur occasionnel, assène un coup de coude dévastateur au visage de Daniel Brookwell, attaquant de Porthmadog âgé de 33 ans.

La scène se déroule dans un contexte précis : Porthmadog vient d’obtenir un penalty pour une faute commise sur Brookwell. Les deux joueurs attendent côte à côte l’exécution du tir au but quand, sans crier gare, Taylor frappe.

Brookwell, lui, décrit avoir subitement perdu connaissance : « Je n’ai pas réalisé que j’étais au sol avant quelques secondes. » Il reprend ses esprits avec le nez et la bouche en sang, sonné, désorienté. Il quitte le terrain immédiatement, pris de vertiges.

« Une agression délibérée », selon l’accusation

Taylor a plaidé la provocation. Il affirme avoir été victime d’une faute juste avant l’incident et soutient avoir été menacé. Son avocat de la défense, Glyn Roberts, a indiqué que son client maintient que la victime lui aurait dit : « Je vais te casser les jambes de merde, espèce de [insulte]. »

La procureure Diane Williams n’a pas retenu cette version. Face au tribunal de Caernarfon, au nord du pays de Galles, elle a été tranchante : « Ce n’est absolument pas ce qui s’est passé. C’était une agression délibérée. » Elle a également rappelé que Taylor avait déjà reçu un carton jaune pour contestation au cours du même match — un détail qui illustre son état d’esprit du moment.

L’avocat de Taylor a ajouté que son client souffre de diabète et que son taux de glycémie, conjugué à la provocation ressentie, aurait pu altérer son comportement. Argument avancé, pas vraiment retenu. Taylor lui-même a reconnu que sa conduite était « inexcusable » et a souhaité présenter ses excuses.

La vidéo virale et ses conséquences sur la victime

C’est un jeune homme présent sur place qui a montré à Brookwell les images de ce qui lui était arrivé, quelques minutes après les faits. Sa réaction : « J’étais assez choqué. Je ne comprends pas ce qui a pu provoquer ça. Être mis K.O. pendant un match de football a été profondément traumatisant. »

Quand la vidéo s’est répandue sur les réseaux sociaux, les choses ont pris une autre ampleur. Brookwell n’a pas seulement subi le coup — il a dû revivre la scène en boucle, la voir commentée, partagée, décortiquée. « J’ai eu beaucoup de mal à reprendre le football de la même façon. L’incident m’a ôté la confiance et le plaisir que j’avais autrefois à jouer. »

Ce genre de dommage-là, invisible sur un scanner, ne figure dans aucun rapport médical. Pourtant, c’est souvent le plus durable.

Une peine avec sursis, mais un seuil franchi

Le tribunal de Caernarfon a rendu son verdict. Le président de la chambre, Gwilym Morgan, a été clair dans son adresse à Taylor : « C’était une infraction grave et nous estimons qu’elle a franchi le seuil de l’emprisonnement. »

Taylor a écopé de 24 semaines de prison, peine suspendue pendant un an. Il devra également verser 200 euros de dommages et intérêts à la victime, ainsi que 154 euros de surtaxe judiciaire et 85 euros de frais de justice.

Du côté de son club, la réaction avait été immédiate dès la diffusion des images. Trearddur Bay FC avait annoncé la rupture de contrat de Taylor « avec effet immédiat » et publié un communiqué sans ambiguïté : « Trearddur Bay Football Club ne cautionne la violence sous aucune forme et reconnaît que l’incident n’aurait pas dû se produire. Le club présente ses sincères excuses au joueur adverse impliqué, au CPD Porthmadog, aux arbitres, aux supporters et à la communauté du football dans son ensemble. »

Taylor, domicilié à Llanddona, Beaumaris, sur l’île d’Anglesey, repart donc libre — mais avec un casier, une réputation démolie sur les réseaux sociaux et, selon son propre avocat, des menaces reçues depuis la diffusion des images. Une spirale que le coup de coude, filmé par hasard et partagé des milliers de fois, a déclenchée en quelques secondes.

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