Superyachts au mouillage, boutiques de luxe au bord de l’eau, restaurants branchés sur un ponton rénové. Bienvenue à Tivat, la petite ville monténégrine qui fait oublier la Côte d’Azur — et surtout son budget.
Tivat, la destination que personne ne connaît encore (mais pas pour longtemps)
Soyons honnêtes : il y a encore dix ans, Tivat n’évoquait rien à personne en dehors des Balkans. La ville, une bourgade portuaire d’environ 15 000 habitants nichée au fond de la baie de Kotor, avait une réputation d’endroit un peu terne, héritière d’une infrastructure navale yougoslave pas franchement glamour.
Tout ça, c’est terminé. En quelques années, une transformation radicale a fait de son ancien quai militaire un marina haut de gamme baptisé Porto Montenegro. Le résultat est saisissant. Des superyachts côtoient des boutiques de luxe, des bars à champagne et un yacht club qui ne jure pas avec Monte-Carlo. Sur TikTok, les vidéos désignent Tivat comme l’une des destinations « les plus sous-estimées » d’Europe. Et British Airways vient d’annoncer une nouvelle liaison directe depuis Heathrow, dont le premier vol est prévu le 14 mai — avec plusieurs rotations hebdomadaires jusqu’en septembre.
Jet2 proposait déjà deux vols par semaine depuis Stansted (le lundi et le jeudi), et EasyJet assure des vols directs depuis Gatwick. La concurrence s’intensifie. Ce n’est pas un hasard.
Ce qu’on vient faire à Tivat
Porto Montenegro reste l’attraction centrale. Le site accueille chaque année des dizaines d’événements : défilés de mode, matchs de cricket, festivals de jazz, régates. Un mélange improbable qui fonctionne étonnamment bien. C’est le genre d’endroit où on croise des millionnaires russes amarrés depuis des semaines et des familles belges en vacances — et tout le monde semble y trouver son compte.
Pour les amateurs d’histoire, le Musée du Patrimoine Maritime de Tivat offre un bon aperçu du passé de la région, qui remonte bien avant le Moyen Âge. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville a été occupée par les nazis — une page sombre que peu de guides touristiques mentionnent.
Côté nature, la péninsule de Luštica est réputée pour ses criques et ses eaux claires, idéales pour nager. La plage de Belani, plage de galets à deux pas de la marina, est une valeur sûre sans avoir à aller loin. Les sports nautiques sont légion : speedboat, snorkeling, kayak, et même des visites de grottes en barque.
Les randonneurs, eux, seront comblés. Le sentier vers le village de Gornja Lastva, juste au-dessus de Tivat, se fait en 30 à 40 minutes et offre des vues époustouflantes sur la baie et ses environs. Un effort modeste pour un panorama qui vaut vraiment le détour. Le parc national tout proche propose des itinéraires plus exigeants pour ceux qui veulent aller plus loin. Et le Big City Park abrite ce qui est décrit comme le plus beau jardin botanique de l’Adriatique méridionale — une affirmation qu’on ne peut pas vraiment contester sans l’avoir vu.
En septembre, le Tivat World Festival envahit les rues de la ville avec concerts, street art, ateliers et débats publics.
Quel budget prévoir à Tivat ?
C’est là que Tivat marque vraiment des points par rapport à Monaco — ou même à la Côte d’Azur. Les restaurants proposent des plats entre 9 et 14 euros selon les avis Google, notamment Basta Sidro, qui sert une cuisine traditionnelle et des grillades. Sur TripAdvisor, Big Ben et The Big Bite font partie des bonnes adresses abordables : un avis d’avril 2026 mentionne avoir dépensé l’équivalent de 23 euros environ pour un burger, des ailes de poulet et une pinte.
Pour les excursions, les prix restent raisonnables. Une balade en bateau dans la baie depuis Kotor démarre autour de 27 euros par personne. La visite du tunnel sous-marin et de la grotte bleue de Tivat commence à environ 20 euros. Et une randonnée guidée depuis Tivat jusqu’au sommet de la colline Vrmac, avec vue panoramique sur la baie, se négocie à partir de 46 euros par personne.
Quand partir pour profiter du meilleur de Tivat ?
En mai, la température moyenne frôle les 23°C — pas suffisant pour brûler mais largement assez pour se baigner, se promener et profiter des terrasses. C’est aussi le mois où l’affluence reste gérable avant l’afflux estival. En juillet et août, les moyennes grimpent jusqu’à 31°C et la fréquentation explose. Septembre est un bon compromis : environ 22°C, les derniers vols British Airways de la saison, et une ville qui retrouve un rythme plus tranquille après l’été.
Le Monténégro est l’un des pays les plus jeunes d’Europe — il a voté son indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2006 seulement. Depuis, ses dirigeants ont misé à fond sur le tourisme, et la transformation de Tivat en est l’exemple le plus spectaculaire. D’autres projets sont en cours dans la région pour attirer davantage de visiteurs dans cette partie des Balkans longtemps restée à l’écart des circuits classiques.
