Il l’a dit. Jean-Luc Mélenchon sera bien candidat à l’élection présidentielle de 2027, pour la quatrième fois. Une décision annoncée en direct sur TF1, qui secoue déjà l’ensemble de la gauche.
Ce dimanche soir, pendant que des millions de Français regardaient le JT de TF1, Jean-Luc Mélenchon a lâché la phrase que tout le monde attendait. Ou redoutait. “Oui, je suis candidat. Ce sont le contexte et l’urgence qui ont fixé la décision insoumise.” Quatre mots. Une bombe politique.
Plus tôt dans la journée, les élus de La France insoumise s’étaient réunis à Paris pour trancher. Résultat sans surprise. Mélenchon repart au combat, lui qui avait réalisé 21,95 % au premier tour en 2022, frôlant le second tour de quelques dizaines de milliers de voix.
Un monde en crise, un seul candidat
Pour justifier sa candidature à la présidentielle 2027, le leader insoumis a dressé un tableau sombre de l’état du monde. Et il n’a pas mâché ses mots.
Face à ces périls cumulés, il se présente comme le candidat le mieux préparé. “Il y a une équipe, un programme, un seul candidat”, a-t-il martelé sur TF1. Le RN reste, selon lui, “l’adversaire principal” à battre en 2027.
Mais la gauche n’est pas convaincue
Derrière l’unité de façade, les couteaux sont sortis. Et ils sont longs.
Raquel Garrido, ancienne figure insoumise passée à l’Après, a publié un message cinglant dans la foulée de l’annonce.
Un député de gauche a aussi questionné la légitimité symbolique du tribun insoumis à incarner “la nouvelle France”, slogan du mouvement. Homme blanc de 75 ans, ex-parlementaire sous Mitterrand, ex-ministre sous Jospin… difficile d’incarner le renouveau.
Corbière tire à boulets rouges
L’attaque la plus politique vient d’Alexis Corbière, député et fervent défenseur de l’union de la gauche.
Et Corbière va plus loin sur la question de l’efficacité électorale.
Et la primaire à gauche dans tout ça ?
Le débat sur une primaire de la gauche traînait déjà en longueur. L’annonce de Mélenchon risque de le faire exploser.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, ne cache pas son agacement.
Le paradoxe est brutal. Dans les sondages présidentielle 2027, les deux mieux placés à gauche (Mélenchon et Raphaël Glucksmann ) se situent justement en dehors de toute dynamique de primaire commune. La gauche court après l’unité, mais ses leaders les plus populaires jouent perso.
Pour l’instant, personne ne sait si cette candidature va enfin forcer les partis de gauche à se rassembler, ou si elle va, une nouvelle fois, faire voler en éclats tout espoir de front commun avant 2027.
