Mélenchon candidat à la présidentielle 2027: l’annonce qui divise toute la gauche française

Yvan Pedri
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La France Insoumise (LFI) leader Jean-Luc Melenchon poses ahead of an interview on the French TV channel TF1's evening news program where he announced his candidacy for the 2027 French presidential election, in Boulogne-Billancourt, outside Paris, on May 3, 2026. (Photo by Julie SEBADELHA / AFP)

Il l’a dit. Jean-Luc Mélenchon sera bien candidat à l’élection présidentielle de 2027, pour la quatrième fois. Une décision annoncée en direct sur TF1, qui secoue déjà l’ensemble de la gauche.

Ce dimanche soir, pendant que des millions de Français regardaient le JT de TF1, Jean-Luc Mélenchon a lâché la phrase que tout le monde attendait. Ou redoutait. “Oui, je suis candidat. Ce sont le contexte et l’urgence qui ont fixé la décision insoumise.” Quatre mots. Une bombe politique.

Plus tôt dans la journée, les élus de La France insoumise s’étaient réunis à Paris pour trancher. Résultat sans surprise. Mélenchon repart au combat, lui qui avait réalisé 21,95 % au premier tour en 2022, frôlant le second tour de quelques dizaines de milliers de voix.

Un monde en crise, un seul candidat

Pour justifier sa candidature à la présidentielle 2027, le leader insoumis a dressé un tableau sombre de l’état du monde. Et il n’a pas mâché ses mots.

“Nous entrons dans une saison très agitée de l’Histoire du monde. Nous sommes menacés d’une guerre généralisée, d’un changement spectaculaire du climat, et puis nous avons une crise économique et sociale qui s’avance vers nous.”

Face à ces périls cumulés, il se présente comme le candidat le mieux préparé. “Il y a une équipe, un programme, un seul candidat”, a-t-il martelé sur TF1. Le RN reste, selon lui, “l’adversaire principal” à battre en 2027.

Mais la gauche n’est pas convaincue

Derrière l’unité de façade, les couteaux sont sortis. Et ils sont longs.

Raquel Garrido, ancienne figure insoumise passée à l’Après, a publié un message cinglant dans la foulée de l’annonce.

“Il a consacré toute son énergie, depuis quatre ans, à empêcher qu’une autre figure insoumise — puis ex-insoumise — ne puisse être tranquillement et solidement mise en condition d’être candidate à la présidentielle. J’espère que vous saurez vous souvenir que cet homme n’a pas de parole.”

Un député de gauche a aussi questionné la légitimité symbolique du tribun insoumis à incarner “la nouvelle France”, slogan du mouvement. Homme blanc de 75 ans, ex-parlementaire sous Mitterrand, ex-ministre sous Jospin… difficile d’incarner le renouveau.

Corbière tire à boulets rouges

L’attaque la plus politique vient d’Alexis Corbière, député et fervent défenseur de l’union de la gauche.

“Ce qu’il cherche dès le mois de mai, c’est bloquer toute possibilité de candidature de rassemblement.”

Et Corbière va plus loin sur la question de l’efficacité électorale.

“Le rejet de la personne de Mélenchon risque d’être un accélérateur de la victoire du RN. La situation était bien différente en 2017 et 2022, où il a bénéficié d’un vote utile. Mais cette fois-ci, c’est une autre histoire. Le mandat que les gens vont donner, ce sera à quelqu’un qui peut battre le RN au second tour. Et là-dessus, Jean-Luc Mélenchon n’est pas celui qui optimise cet impératif. Il le complique.”

Et la primaire à gauche dans tout ça ?

Le débat sur une primaire de la gauche traînait déjà en longueur. L’annonce de Mélenchon risque de le faire exploser.

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, ne cache pas son agacement.

“Mélenchon va y aller à fond et nous, on va faire quoi ? On va continuer à rien comprendre à ce que les autres font et à se donner en spectacle, j’en ai marre de la politique nombriliste, de la gauche qui parle à la gauche toute la journée.”

Le paradoxe est brutal. Dans les sondages présidentielle 2027, les deux mieux placés à gauche (Mélenchon et Raphaël Glucksmann ) se situent justement en dehors de toute dynamique de primaire commune. La gauche court après l’unité, mais ses leaders les plus populaires jouent perso.

Pour l’instant, personne ne sait si cette candidature va enfin forcer les partis de gauche à se rassembler, ou si elle va, une nouvelle fois, faire voler en éclats tout espoir de front commun avant 2027.

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