Éric Robic assassiné à Neuilly : qui était vraiment cet escroc condamné pour homicide ?

François Xavier
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Éric Robic assassiné à Neuilly : qui était vraiment cet escroc condamné pour homicide ?

Un homme abattu en pleine rue, en plein jour, dans l’une des villes les plus huppées de la banlieue parisienne. Ce jeudi 16 avril, Neuilly-sur-Seine a été le théâtre d’un assassinat aussi brutal que spectaculaire. La victime s’appelle Éric Robic. Et son passé, lui, est tout sauf ordinaire.

Peu après 10 heures du matin, deux individus casqués à bord d’un T-Max ont ouvert le feu à plusieurs reprises sur un homme au 49 boulevard Victor Hugo à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. La victime, qui portait elle-même un casque de moto gris et rouge, a été prise en charge par les secours. Elle n’a été formellement identifiée que plusieurs minutes plus tard. Il s’agissait d’Éric Robic, 51 ans. Il n’a pas survécu à ses blessures.

Le parquet de Nanterre a confirmé les faits, un représentant s’étant rendu sur place. Les deux suspects ont pris la fuite. Un périmètre de sécurité a été dressé autour de la scène de crime. Les enquêteurs ont recueilli les images de vidéosurveillance et exploitent désormais les données téléphoniques. Aucune piste privilégiée n’a encore été annoncée, mais l’hypothèse d’un règlement de comptes organisé se pose naturellement au vu du profil de la victime.

Un casier judiciaire aussi long que son parcours d’escroc

Éric Robic n’était pas inconnu des services de police. Loin de là. Outrages, rébellion, escroqueries, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires et involontaires… Son casier cumulait au moins six condamnations avant la plus grave de toutes.

En 2011, il avait défrayé la chronique après avoir tué Lee Zeitouni, une jeune Israélienne de 25 ans, à Tel Aviv. Il conduisait un imposant 4×4 en compagnie de son acolyte Claude Kayat. Tous deux sortaient d’une boîte de nuit quand ils ont fauché la jeune femme. Sans s’arrêter, ils avaient pris la fuite et regagné la France.

L’affaire avait créé des tensions diplomatiques entre Paris et Jérusalem. Israël réclamait que les deux hommes soient jugés sur place. Mais la France, qui n’extrade pas ses ressortissants hors de l’Union européenne, avait insisté pour les juger sur son territoire. Les deux hommes refusaient catégoriquement d’être remis aux autorités israéliennes, évoquant une “vindicte populaire exacerbée”. En décembre 2014, Éric Robic a finalement été condamné à cinq ans de prison ferme pour homicide involontaire. Il n’en a purgé que 15 mois avant d’obtenir une liberté conditionnelle. Lors du procès, il avait exprimé des “regrets”.

Plus d’un million d’euros détournés dans une arnaque à la voiture

Après sa sortie de prison, Éric Robic n’avait pas raccroché pour autant. Il avait été mêlé à une escroquerie d’envergure montée entre 2013 et 2014, qui aurait rapporté plus d’un million d’euros à lui et à sa bande.

Le schéma était rodé. Avec Claude Khayat et six autres complices, il réactivait des entreprises inactives conservant encore leur immatriculation au registre du commerce, puis contractait des prêts bancaires via ces structures fantômes pour acheter des véhicules en leasing, les reconfigurer et les revendre à prix cassé à des garages peu scrupuleux. Selon le site Warning Trading, l’argent du trafic avait transité par la Pologne, la Hongrie, la Belgique et la Chine, avant d’être récupéré en Israël.

Jugé en 2023 avec sept autres prévenus, Éric Robic avait été reconnu coupable en 2024 et condamné à 18 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec obligation de travailler et d’indemniser les victimes.

Qui l’a fait tuer, et pourquoi

C’est désormais la question centrale de l’enquête. Les investigateurs vont retracer le fil de la vie d’Éric Robic, interroger ses proches et tenter de savoir si l’une de ses affaires est directement liée à son exécution. Était-ce un règlement de comptes lié à ses escroqueries ? Une vengeance liée à l’affaire Zeitouni ? Ou autre chose ?

Pour l’heure, les enquêteurs n’ont pas de réponse. Mais le mode opératoire, deux hommes armés sur un deux-roues puissant qui disparaissent dans la nature après avoir ciblé leur victime en plein matin, ne ressemble pas à un acte impulsif. Cela ressemble à une exécution planifiée.

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