Macron répond à Trump qui s’est moqué de sa femme : la crise entre Washington et l’OTAN s’emballe

Emilie Delacrouz
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La relation entre Donald Trump et Emmanuel Macron a franchi un nouveau cap et pas dans le bon sens. Après que le président américain s’en est pris à la vie privée du chef de l’État français lors d’un déjeuner de Pâques à la Maison-Blanche, Macron a répondu sans détour depuis la Corée du Sud, qualifiant les propos de Trump de “ni élégants ni à la hauteur”. Une passe d’armes qui s’inscrit dans une tension transatlantique de plus en plus difficile à ignorer.

Trump sort de ses gonds et vise sous la ceinture

Tout est parti d’une sortie de Trump mercredi, lors du déjeuner de Pâques à la Maison-Blanche. Évoquant ses appels téléphoniques avec les dirigeants européens au sujet du détroit d’Ormuz, le président américain a choisi d’évoquer Macron en faisant référence à une vidéo virale datant de mai dernier, où l’on voyait Brigitte Macron sembler repousser le visage de son mari à leur descente d’avion au Vietnam.

Ensuite j’appelle la France, Macron — dont la femme le traite extrêmement mal — il se remet encore du coup au menton“, a lancé Trump, avant d’imiter Macron avec un accent français caricatural. “Non, non, non, je ne peux pas faire ça Donald, nous pourrons le faire après que la guerre sera gagnée“, a-t-il dit, se moquant du refus français d’envoyer des navires dans le Golfe. “Je lui ai dit : ‘Non, non, je n’en ai pas besoin après que la guerre sera gagnée, Emmanuel.'”

La séquence a provoqué un tollé immédiat en France, y compris dans les rangs de l’opposition. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, n’a pas mâché ses mots. “Honnêtement, ce n’est pas à la hauteur. Nous sommes en train de discuter de l’avenir du monde. En ce moment en Iran, cela a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur le champ de bataille, et nous avons un président qui rit, qui se moque des autres“, a-t-elle déclaré sur franceinfo. Même Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, pourtant farouche critique de Macron, a pris sa défense. “Vous savez l’étendue de mes désaccords avec le président, mais que Donald Trump lui parle ainsi et parle de sa femme de cette manière, je trouve cela absolument inacceptable“, a-t-il affirmé sur BFMTV.

La crise du détroit d’Ormuz, toile de fond d’un divorce transatlantique

Derrière les piques personnelles, il y a une fracture géopolitique bien réelle. Depuis que l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz au début du conflit, le monde traverse la pire crise pétrolière de son histoire, avec des prix s’approchant des 200 dollars le baril. Trump exige depuis plusieurs semaines que ses alliés européens envoient des navires de guerre pour rouvrir le passage, par lequel transite 20 % du pétrole mondial chaque jour.

La réponse de Macron est ferme. “Certains défendent l’idée de libérer le détroit d’Ormuz par la force via une opération militaire, une position parfois exprimée par les États-Unis, bien qu’elle ait varié. Ce n’a jamais été l’option que nous avons soutenue car elle est irréaliste”, a-t-il déclaré jeudi. “Cela prendrait une éternité, et exposerait tous ceux qui traversent le détroit à des risques de la part des gardiens de la révolution mais aussi des missiles balistiques”, a-t-il ajouté.

Trump, lui, a haussé le ton dans son discours télévisé de mercredi soir, enjoignant l’Europe à “saisir et chérir” le détroit d’Ormuz, et promettant de frapper l’Iran “extrêmement fort au cours des deux à trois prochaines semaines.” Il a aussi traité l’OTAN de “tigre de papier” et déclaré que le retrait américain de l’alliance de défense était désormais “au-delà de toute reconsidération”. Son secrétaire d’État Marco Rubio a enfoncé le clou sur Fox News, affirmant que Washington devra “réexaminer” la valeur de l’OTAN une fois le conflit iranien terminé.

Ce bras de fer a déjà eu des conséquences concrètes. Selon le Financial Times, Trump aurait menacé de couper l’accès européen au programme Purl, financement de l’approvisionnement en armes américaines pour l’Ukraine, afin de forcer ses alliés à rejoindre une coalition navale. C’est cette pression, combinée à l’intervention du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, qui aurait conduit la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni à publier en urgence une déclaration commune le 19 mars, exprimant leur “disposition à contribuer à des efforts appropriés pour assurer la libre circulation dans le détroit.”

Une déclaration arrachée dans l’urgence, et qui n’a visiblement pas suffi à calmer les ardeurs d’un président américain qui n’hésite plus à traiter ses alliés de “lâches” sur la place publique.

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