Mickaël Bossard, ancien moniteur de karaté et éducateur dans le Finistère, a été condamné le 30 mars par le tribunal de Brest. Sans un mot pour ses victimes, jusqu’au bout.
L’affaire avait commencé par la confidence d’un enfant à ses parents. Un jeune karatéka leur avait rapporté que son moniteur lui arrivait de prendre des douches nu avec lui. Ce signalement avait ouvert une enquête. Et ce que les investigations ont révélé dépassait largement ce premier élément.
Mickaël Bossard, quinquagénaire qui officiait comme professeur de karaté et éducateur aux Papillons Blancs du Finistère, a été condamné lundi 30 mars par le tribunal de Brest à deux ans de prison, dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique et un an de sursis probatoire. Les faits retenus à son encontre sont lourds : détention et consultation d’images pédopornographiques, exhibition sexuelle et corruption de mineurs.
Un dossier alourdi au fil des investigations
Au-delà du premier signalement, l’enquête a mis au jour des conversations jugées ambiguës avec d’autres mineurs, des invitations répétées à venir chez lui ou à la plage, et la présence sur ses appareils de contenus pédopornographiques consultés de manière régulière.
Absent lors de l’audience de novembre 2025, Bossard avait finalement pris la parole en février. Il affirmait n’avoir aucune attirance pour les mineurs, évoquait des erreurs éducatives et des comportements irréfléchis, et parlait de simples jeux de rôles avec des élèves qu’il prétendait croire majeurs. Des explications qui n’ont pas convaincu les magistrats. L’expertise psychiatrique était sans ambiguïté sur son profil. “Narcissique, enfoncé dans le déni, qui présente du mal à mesurer la gravité des faits.”
Interdit d’exercer au contact de mineurs, inscrit au Fijais
Le jour du jugement, le 30 mars, Mickaël Bossard n’a pas eu un mot pour ses victimes. La procureure avait réclamé trois ans de prison dont deux de sursis probatoire. Le tribunal a retenu une peine légèrement inférieure, mais les mesures complémentaires sont fermes.
Bossard est désormais interdit d’exercer toute activité au contact de mineurs. Il est inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, le Fijais. Et il est condamné à verser 3 100 euros de dommages et intérêts à ses victimes, des victimes dont il n’a, jusqu’au bout, jamais semblé comprendre la souffrance.
