
« Des coups de feu, une voiture qui démarre en trombe, un homme blessé à la tête et au bras ». Le tribunal correctionnel de Quimper a jugé, ce vendredi, en comparution immédiate, deux hommes de 22 ans et 24 ans. Le samedi 17 mai 2025, vers 21 heures, ils s’étaient livrés à une expédition punitive dans Quimperlé. Un peu plus tôt, une dispute avait éclaté entre le plus jeune et la victime, un homme très alcoolisé, qui l’avait chassé de son domicile en le menaçant de lui écraser une cigarette sur le front.
Vexé et en colère, l’évincé s’était rendu chez un ami. Ce dernier, occupé à tirer sur des canettes avec un pistolet airsoft, avait accepté de le suivre et de monter dans sa voiture direction l’appartement de l’indélicat. Une fois garé à hauteur de la fenêtre de la victime, dans une rue étroite, et alors que le pistolet était dans la voiture, le duo dit avoir subi des insultes et des menaces avec une barre de fer.
« Des pressions de la famille »
« Vous étiez à 1m60 c’est-à-dire que vous avez tiré à bout portant, relève la présidente Lucile Chaussade. La victime s’est jetée au sol. Cet homme a été blessé au cuir chevelu et au coude au point de devoir subir une opération chirurgicale. Tout ça pour des menaces de types complètement alcoolisés. Ça aurait pu être bien plus grave ».
Placé en garde à vue une première fois trois jours après les coups de feu, le plus jeune, conducteur de la voiture, changera plusieurs fois sa version des faits jusqu’à s’accuser à la place de son comparse d’être l’auteur des coups de feu. « Vous vous accusez pourquoi ? » interroge la procureure. « Je ne sais pas ». « Parce qu’il y a des pressions de la famille de Monsieur », tranche la magistrate en désignant le plus âgé.
La victime a disparu
Ce dernier aura été plus difficile à interpeller. Début janvier, il était allé jusqu’à fuguer d’un hôpital pour échapper à la garde à vue. Il sera finalement interpellé ce mardi 17 mars. « Je suis monté dans sa voiture sans réfléchir, assure ce jeune papa. J’ai paniqué. Il y avait la barre de fer. Avec mes problèmes de santé, si je prends un coup de barre de fer, je peux mourir ».
« Pourquoi vous n’avez pas voulu dire que c’était vous le tireur ? » tente la présidente. « Par peur de retourner en prison parce que j’ai un bébé ». La victime est absente à l’audience. Elle a disparu des radars depuis le mois de juin. « Elle a reçu des pressions », réitère la procureure pour laquelle « tout est grave et détestable dans ce dossier, notamment les pressions. Tout ça pour des insultes d’ivrogne ». Elle enjoint : « À un moment donné, il faut assumer ».
Elle requiert cinq ans de prison ferme avec maintien en détention pour le tireur au casier judiciaire « émaillé de violences » dont un tir d’airsoft qui avait fait perdre un œil à un homme. Pour son comparse, le conducteur, à l’origine de la vendetta, elle demande 2 ans dont un an avec sursis probatoire.
Ismaël Lobry est condamné selon les réquisitions à 5 ans de prison. Benjamin Serrault écope de 3 ans de prison dont un an avec sursis probatoire. Il est maintenu en détention.