Dans un communiqué, le procureur de Brest annonce, ce jeudi 19 mars, « une importante opération de police, menée ces récents jours de mars, sur commissions rogatoires du magistrat instructeur ». Une cinquantaine de policiers, dont des renforts de l’antenne du Raid de Rennes, ont été mobilisés.
Un mineur et un tireur présumé de 18 ans
À la clé, la mise en examen de cinq jeunes hommes, dont trois ont été « ensuite placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention ».
Ces trois hommes, âgés de 18 ans, 21 ans et 25 ans sont soupçonnés d’être respectivement le tireur, le commanditaire et le fournisseur de l’arme. Ils sont mis en examen pour meurtre en bande organisée et tentative d’assassinat. Le troisième est, en outre, poursuivi pour trafic de stupéfiants.
Deux autres personnes, dont un mineur, sont également mises en examen : « L’une, des chefs principaux de complicité des deux crimes précédents, et l’autre, de trafic de stupéfiants, acquisition et détention d’une arme de catégorie B », précise le parquet. Elles sont, pour leur part, placées sous contrôle judiciaire.
Guerre de territoire
Il était environ 19 h 50, vendredi 14 novembre, quand la police est intervenue dans le quartier de Bellevue, à Brest, à la suite d’un coup de feu qui a coûté la vie à Nasserdine Soumaila, 21 ans, un enfant du quartier connu de la Justice.
Sous contrôle judiciaire, l’amateur de football, qui avait porté le maillot de l’AS Brestoise, faisait l’objet d’une mise en examen pour le meurtre de Soufiane Hamdoun, 20 ans, qui avait été frappé au couteau au terme d’une soirée réunissant 200 Brestois et Quimpérois, le 27 juin 2021, à Plomelin.
Erreur sur la cible
Nasserdine Soumaila, le jeune homme tué à Bellevue, était, parallèlement, dans l’attente d’un autre procès aux assises. Mais, cette fois, sur le banc des victimes, et non des accusés. Le 11 juin 2022, soit quasi un an jour pour jour après l’affaire de Plomelin, le Brestois avait été pris pour cible par deux jeunes Rennais qui l’avaient grièvement blessé par arme à feu. Il en perdra un bras.
Selon le procureur de Brest, l’homicide du Brestois Nasserdine Soumaila pourrait s’inscrire dans un scénario de représailles sur fond de trafic de stupéfiants et guerre de territoire. Il apparaîtrait, en outre, « que la victime décédée n’était pas forcément celle qui était initialement visée ».