Suisse : un verre de brosse à dents cassé lui coûte près de 400 francs à la remise de son appartement

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Remettre les clés d’un appartement peut parfois réserver de mauvaises surprises. Un Bernois de 40 ans en a fait l’amère expérience à Bümpliz, un quartier de Berne, après avoir reçu une facture de 360,15 francs pour le remplacement d’un simple verre à brosse à dents.

Un accord verbal à 5 ou 10 francs… qui tourne mal

Pendant cinq ans, cet homme a occupé un appartement de deux pièces géré par Robert Pfister Versicherungen AG. Lors de l’état des lieux de sortie, le responsable a constaté qu’un des deux verres à brosse à dents de la salle de bain manquait. Les deux parties se sont alors mis d’accord verbalement sur un remplacement facturé entre 5 et 10 francs. La mention figurait d’ailleurs noir sur blanc dans le protocole de remise : “1x verre dentaire à la charge du locataire, 100 % des frais.”

Le locataire avait lui-même jeté le verre, qui était fissuré. “Le pot ressemblait à un pot à moutarde du lion et a une valeur d’achat estimée à 5 francs maximum”, a-t-il expliqué au journal 20 Minutes.

La facture : 360 francs pour un accessoire de salle de bain

Trois semaines après la remise des clés, une facture inattendue arrive dans sa boîte aux lettres. Le document fait état de 360,15 francs, soit le prix du verre fixé à 4,50 francs, auquel s’ajoutent trois heures de salaire d’un agent sanitaire et des frais de déplacement.

“J’étais complètement horrifié et j’ai explosé de colère”, a réagi le locataire. Ne souhaitant pas s’engager dans un long litige, il a finalement réglé la somme. “J’étais tellement en colère et je voulais juste sortir de cette location”, a-t-il confié. Il n’a pas digéré l’affaire pour autant : “Transformer simplement 5 à 10 francs en 400, c’est scandaleux, injustifié et complètement faux.”

L’administration se défend

Interrogée par 20 Minutes, Mélanie Lüdi, responsable immobilière chez Robert Pfister AG, a confirmé que le remplacement du verre était bien inscrit comme étant à 100 % à la charge du locataire. Elle justifie le montant de la facture par le recours à un plombier professionnel : “Si cela est volontairement confié à un spécialiste ou à un plombier, il est dans la nature des choses qu’en plus du remplacement de la vitre, le temps de travail soit également supporté.”

Elle précise également que le trajet a dû être effectué deux fois, le type exact de verre devant d’abord être identifié. “L’administration ne réclame aucun frais — les frais de facturation ultérieurs sont basés uniquement et exclusivement sur la facture de l’artisan”, a-t-elle ajouté.

L’association des locataires dénonce une facturation injustifiable

Pour Sabina Meier, responsable de l’association des locataires du canton de Berne, la situation est difficilement défendable. “On ne peut pas facturer quelque chose si cela n’a pas été convenu”, tranche-t-elle. Si le recours à un artisan extérieur entraîne forcément des coûts supplémentaires, le calcul présenté reste pour elle incompréhensible : “Cela ne peut pas être 400 francs.”

Elle regrette aussi que le locataire ait payé sans contester : “Il aurait dû se renseigner auprès de l’administration.”

Trois conseils pour éviter ce type de litige

Face à ce genre de situation, l’association des locataires recommande de suivre quelques règles simples lors de tout état des lieux de sortie :

Noter par écrit, dans le protocole de remise, exactement qui remplace quoi et à quel prix convenu. Relire attentivement le document avant de le signer. Ne jamais payer une facture contestable dans l’immédiat, mais prendre le temps de clarifier la situation directement avec l’administration.

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