Après Pors Cad, Pors Melen et le quai du Port-Rhu, c’est une autre falaise qui donne de sérieux signes de fragilité à Douarnenez en raison des fortes précipitations enregistrées début 2026 : le jeudi 12 février 2026, aux alentours de 5 h du matin, un éboulement s’est produit à l’arrière de l’usine Petit Navire, plus précisément près du local maintenance, dans la zone industrielle de Pouldavid, rue du Pont-Dinou. « Il y avait du monde au travail sur le site à cette heure-là, l’éboulement a causé un bruit impressionnant », témoigne un salarié, lui-même présent sur le site au moment où les faits se sont déroulés. Contactée, la direction de Petit Navire confirme l’éboulement, qui s’est produit « dans un contexte de fortes pluies continues ces dernières semaines ». Toutefois, « cet éboulement n’a occasionné aucun dégât sur les bâtiments du site et aucun salarié n’a été exposé au moment des faits », assure l’entreprise. « Les matériaux déplacés ont été stoppés par un mur de sécurité de plusieurs mètres qui a pleinement joué son rôle de protection. Seule une ancienne cuve de stockage d’eau, inutilisée depuis plusieurs années et vide, a été légèrement inclinée sous l’effet de branches d’arbres déplacées. Cette cuve ne présente aucun risque », assure-t-on chez Petit Navire.
L’entreprise affirme par ailleurs avoir identifié de longue date cette falaise comme une zone à surveiller de près : « Le risque d’éboulement sur cette zone est connu et fait l’objet d’une vigilance particulière. Nous avions d’ailleurs identifié la nécessité d’un élagage préventif des arbres situés sur la falaise, dont le poids, combiné à un sol fortement gorgé d’eau, a vraisemblablement contribué à l’incident. Un prestataire spécialisé avait été mandaté en amont et une intervention était déjà planifiée pour le 15 mars. Les équipes du site avaient été informées des mesures de sécurité en place, des actions anticipées et des prochaines étapes ». Cette falaise artificielle, aménagée dans les années 1960 à l’endroit d’une ancienne zone alluviale et au sommet de laquelle plusieurs entreprises sont implantées zone de Penn ar Créac’h, a déjà connu plusieurs éboulements par le passé.Selon le plan de prévention des risques naturels et des mouvements de terrain de Douarnenez, approuvé par le préfet en juillet 2011, le dernier remontait à l’hiver 1996 : plus de 10 m3 de matériaux rochers s’étaient écroulés, occasionnant des dégâts sur la façade arrière de l’usine Paulet.
Un éboulement sur la même falaise, à quelques dizaines de mètres du site de Petit Navire, s’est produit au niveau des entreprises Diema et Eureden. (Le Télégramme/Dimitri L’hours)
« Nous poursuivons notre vigilance »
Dans la foulée de l’éboulement du 12 février 2026, un expert s’est rendu sur le site, qui emploie une centaine de salariés aujourd’hui. « Il a confirmé que le mur de sécurité avait parfaitement rempli sa fonction et a recommandé de maintenir l’opération d’élagage prévue. L’intervention du prestataire est maintenue au 15 mars du fait des conditions météorologiques actuelles, avec un ajustement du plan d’action : l’élagage sera combiné à l’enlèvement de la cuve inclinée. Nous restons en lien avec les parties prenantes locales et poursuivons notre vigilance afin de garantir la sécurité du site et de ses collaborateurs », assure la direction de Petit Navire. À quelques dizaines de mètres de là, la même falaise semble aussi avoir souffert des fortes précipitations, près des entreprises Eureden et Diema.