Le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure a estimé ce dimanche qu’il n’était « pas juste », notamment politiquement, de classer La France insoumise (LFI) à l’« extrême gauche », et a attaqué ceux qui « cherchent à dédiaboliser l’extrême droite » pour « transmettre le mistigri à la gauche radicale ».
Le mouvement de gauche radicale, fondé en 2016, a été classé pour la première fois de son histoire comme un parti d’extrême gauche dans une circulaire publiée dans la semaine par le ministère de l’Intérieur concernant l’attribution des nuances aux candidats pour les élections municipales de mars. « Je ne sais pas si c’est un problème, y compris pour LFI, mais je ne trouve pas ça juste », a estimé Olivier Faure, invité de l’émission « Dimanche en politique » sur France 3.
Un parti « qui s’inscrit dans un parcours électoral »
« Le Conseil d’Etat a déjà tranché cette question et LFI est un parti de la gauche radicale. C’est un parti qui s’inscrit dans un parcours […] électoral, démocratique, et on ne peut pas les classer à l’extrême gauche », a développé le patron du PS, avant d’ajouter : « Je ne pense pas que ça change grand-chose au résultat. »
La circulaire parue cette semaine place LFI dans le bloc « extrême gauche », comme Lutte ouvrière ou le Nouveau Parti anticapitaliste. « Il existe une extrême gauche en France et elle se revendique comme telle. Elle considère les élections comme une tribune et non pas comme un moyen de conquête du pouvoir, ce qui n’est pas le cas de La France insoumise », a souligné Manuel Bompard, coordinateur de LFI, ajoutant qu’un recours devant le Conseil d’Etat est étudié.
L’Intérieur « assume » sa décision
La question est significative pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui réfute régulièrement ce qualificatif brandi par ses opposants politiques, notamment parce qu’il considère qu’il s’agit d’une manière de le comparer au Rassemblement national. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella rejette d’ailleurs régulièrement le terme d’« extrême droite ».
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a souligné jeudi soir assumer « totalement » sa décision. « Chez La France insoumise, il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, on refuse d’aller voir le gouvernement pour des réunions de travail », a-t-il argué.
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« Certains cherchent à dédiaboliser l’extrême droite, transmettre le mistigri à la gauche radicale », a répondu ce dimanche Olivier Faure, dénonçant une volonté de « réintégrer dans l’arc républicain l’extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale ».