Il va devoir s’expliquer. Le président national de la Coordination rurale (CR) Bertrand Venteau est convoqué lundi à 14h30 par la gendarmerie de la Haute-Vienne, a-t-on appris auprès du syndicat agricole. Il fait l’objet d’une enquête pour avoir déclaré vouloir « faire la peau aux écolos » lors du congrès de l’organisation en novembre.
La CR 87, qui pointe des propos « largement sortis de leur contexte », appelle de son côté à un « large rassemblement de soutien » lundi à 14 heures devant les locaux de la brigade de recherche de Limoges.
« Il dénonçait l’écologie punitive »
« Lors de son élection à la présidence nationale, Bertrand Venteau a exprimé avec détermination la volonté de défendre les intérêts des paysans face à des politiques qu’il juge déconnectées des réalités du terrain », écrit la CR 87 dans un communiqué. « Dans ce cadre, il dénonçait l’écologie punitive, une approche qui entrave l’activité agricole, fragilise les exploitations et menace l’avenir du monde rural », précise le syndicat agricole, qui appelle « à se mobiliser massivement ».
Le 19 novembre, Bertrand Venteau avait déclaré, sous les applaudissements : « les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau ».
L’éleveur nouvellement élu et président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne avait étayé son propos en lançant : « Il va falloir sortir et combattre les écolos, en les attaquant en justice. Nous devons les combattre […] Ceux qui veulent notre mort sont partout, nous devons les combattre au quotidien, dans les départements, les régions, jusqu’au ministère ».
Déclaration « choquante et inacceptable » pour la ministre de l’Agriculture
Destinataire de nombreuses plaintes d’élus et associations écologistes, le parquet d’Auch avait ouvert quelques jours plus tard une enquête du chef de « provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ». La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait condamné « la violence » de cette déclaration, la jugeant « profondément choquante et inacceptable ».
Bertrand Venteau, partisan d’une ligne dure sur le modèle des actions coups de poing de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, avait assumé sa sortie : « Je ne regrette rien du tout. Si je suis convoqué, j’irai, je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il dit fin novembre au micro d’Ici Limousin.

