Invité de CANAL PRESSE sur Canal 2, Martial Bissog a livré une analyse sans détour de la gouvernance actuelle du football camerounais, incarnée par Samuel Eto’o. Un propos nuancé, entre soutien assumé et appel pressant à des résultats visibles sur le terrain.
« J’aime ce que Eto’o fait », affirme d’emblée le consultant, reconnaissant la dynamique impulsée par l’ancien capitaine des Lions Indomptables. Pour Martial Bissog, les conditions semblent aujourd’hui réunies : l’État est prêt à mettre les moyens, le président de la Fédération dispose de l’effectif qu’il souhaite, du staff technique de son choix, et bénéficie d’un climat de collaboration jugé favorable. Mieux encore, souligne-t-il, « le courant passe visiblement » avec les autorités, et l’« onction du ministre » est bien réelle.
Mais au-delà de l’appui institutionnel, Bissog rappelle que le football ne se gagne ni dans les bureaux ni dans les discours. « Il faut trouver l’assentiment du peuple », insiste-t-il. Un assentiment qui, selon lui, ne peut venir que par le jeu et les résultats. Le consultant pointe alors ce qu’il considère comme la principale faiblesse actuelle de la sélection nationale : l’inefficacité offensive.
« On ne voit plus un gars qui tire aux goals », déplore-t-il, évoquant une équipe en manque d’audace et d’inspiration dans les trente derniers mètres. Pour Martial Bissog, la légitimité du projet Eto’o passera aussi par le terrain, et par les joueurs eux-mêmes. « Que les Eto’o soient aussi sur le terrain », lance-t-il, dans une formule forte qui appelle à retrouver l’ADN conquérant des Lions d’antan.
En filigrane, c’est une attente collective qui s’exprime : celle de revoir la magie, l’instinct et la folie créatrice qui ont longtemps fait la réputation du football camerounais. Si la structure est en place et le soutien politique acquis, le verdict final, lui, appartiendra au rectangle vert. Car, comme le rappelle implicitement Martial Bissog, au Cameroun plus qu’ailleurs, seul le football qui fait rêver rassemble durablement le peuple.

