L’agence des catastrophes indonésienne a fait état de plus de 300 morts, le gouvernement de la Thaïlande a rapporté que 162 personnes avaient été tuées dans le sud du pays, suite aux inondations monstres qui ont frappé le secteur, tandis que les autorités malaisiennes ont recensé deux tués.
En Indonésie, 166 personnes ont perdu la vie dans la province de Sumatra nord, 47 à Aceh et 90 à Sumatra ouest, a annoncé le chef de l’agence, Suharyanto.
Samedi, les secours s’efforçaient de rallier les zones de l’île de Sumatra les plus gravement touchées. Quelque 270 personnes sont portées disparues dans l’île.
« C’est la pire inondation qui ait jamais eu lieu dans notre village », a déclaré Novia, 30 ans, un habitant du village de Pidie, à Aceh, qui déblaie sa maison « entièrement envahie par la boue ». « Il y avait des inondations avant (…) mais ce n’était pas comme ça ».
« Je me suis enfui du magasin pour avoir la vie sauve »
« La morgue a dépassé sa capacité, nous avons donc besoin de plus », a déclaré à l’AFP Charn, un responsable de la morgue de Songkhla qui n’a donné que son prénom.
Des images filmées par un journaliste de l’AFP montrent des camions frigorifiques blancs garés devant le bâtiment principal de l’hôpital.
Jeudi, des habitants ont décrit une montée rapide des eaux. « L’eau est montée jusqu’au plafond du deuxième étage », a ainsi témoigné Kamban Wongpanya, 67 ans, secourue par bateau.
Chayaphol Promkleng, un commerçant, pensait au départ que sa boutique serait épargnée car l’eau ne m’arrivait « qu’aux chevilles ». Mais le lendemain, le niveau était monté « à la taille. Je ne pouvais rien faire. Je me suis enfui du magasin pour avoir la vie sauve ».
Deux responsables thaïlandais suspendus
Vendredi, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul s’est rendu dans un refuge du district de Hat Yai, sévèrement touché. « Je dois vraiment présenter mes excuses pour avoir laissé cela se produire alors que je suis au gouvernement », a-t-il dit sur la chaîne AmarinTV. « La prochaine étape est d’éviter que la situation se détériore », a ajouté le dirigeant, expliquant que les opérations de nettoyage dans le district prendraient deux semaines.
Le gouvernement a annoncé des compensations s’élevant jusqu’à 62 000 dollars pour les familles endeuillées par ces catastrophes.
La grogne publique monte en Thaïlande face à la gestion de la situation. Deux responsables locaux ont été suspendus pour manquements présumés.
À Sumatra ouest, Misniati, âgée de 53 ans et qui comme beaucoup d’Indonésiens ne porte qu’un nom, a raconté une lutte terrifiante contre la montée des eaux pour rejoindre son mari à la maison. « J’ai vu que la rue était inondée. J’ai essayé de revenir jusque chez moi pour prévenir mon mari, mais l’eau m’arrivait déjà à la taille », a-t-elle confié à l’AFP.
Elle a dû lutter contre le courant qui menaçait de l’emporter et est arrivée chez elle alors que l’eau lui arrivait à la poitrine. « Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit, nous avons juste surveillé (le niveau de) l’eau », a-t-elle ajouté.
État d’urgence au Sri Lanka
En Asie du Sud, le président Anura Kumara Dissanayake a déclaré l’état d’urgence au Sri Lanka samedi après une semaine de pluies diluviennes. Le Centre de gestion des catastrophes de l’île a fait état d’un bilan d’au moins 123 morts dans des inondations et des glissements de terrain, avec près de 44 000 déplacés. Plus de 130 personnes sont portées disparues.
Le gouvernement a sollicité une aide internationale et appelé ses ressortissants à l’étranger à faire des dons pour soutenir les près de 500 000 personnes touchées.
L’armée a secouru 69 passagers d’un bus, dont un touriste allemand, qui étaient bloqués dans le district d’Anuradhapura, dans le centre-nord de l’île, après une opération de 24 heures impliquant un hélicoptère et des bateaux de la marine.
L’Indonésie et les autres pays d’Asie du Sud-Est sont sujets aux inondations et aux glissements de terrain pendant la saison des pluies, généralement de novembre à avril. Mais les pluies de mousson ont été aggravées par une tempête tropicale qui a balayé la région.
