Mohamed Hmadi Hamed a été abattu par des policiers, ce lundi 10 novembre, en plein centre-ville de Lorient, après avoir, selon le parquet, brandi un couteau dans leur direction. Le trentenaire, titulaire d’une carte de séjour temporaire, était en situation régulière sur le territoire français. Mais des doutes subsistent sur son passé. Était-il bien né au Soudan, comme indiqué dans la procédure lui ayant permis d’obtenir le statut de réfugié ? Non, selon Abdallah Yagoub, président de l’association soudanaise du pays de Lorient qui soutient qu’il s’agit d’un Tchadien qui a été naturalisé soudanais. « Il a également vécu en Libye. C’est là-bas qu’il a perdu un bras », précise Abdallah Yagoub.
Mohammed Hmadi Hamed a été abattu par balles par la police de Lorient, ce lundi 10 novembre 2025, rue de Larmor. (Le Télégramme/Alan Le Cunff)
« Je ne l’ai jamais vu être violent une seule fois »
Mohamed Hmadi Hamed était donc infirme. Ce que confirme Anne-Solen Robic. « Il portait une prothèse à l’avant-bras (gauche). » Cette dernière était son encadrante dans un chantier d’insertion professionnelle, dans une ferme, à Pont-Scorff (56). En 2024, pendant près d’un an, Mohamed Hmadi Hamed était ouvrier maraîcher. Encore sous le choc, Anne-Solen Robic confie que « l’ensemble des collègues qui l’ont côtoyé sont dans l’incompréhension ». Elle précise que Mohamed Hmadi Hamed « n’a jamais été menaçant et n’a jamais eu un geste agressif envers quiconque ». Elle affirme que c’était un homme « souriant et volontaire malgré son handicap physique » qu’elle citait même « en exemple ». L’encadrante décrit aussi un homme « extrêmement pudique ». Malgré la barrière de la langue, Mohamed Hmadi Hamed a entretenu de nombreuses relations à Lorient. « Il était très discret. Il était amateur de foot, supportait le FCL », complète un responsable de Lorientraide, association qui œuvre dans les quartiers. Marie, une habitante de Lanester (56), raconte et confirme ces impressions : « Il était discret mais très attachant, toujours souriant. Je ne l’ai jamais vu être violent. Il dégageait quelque chose de vraiment positif malgré son passé très difficile. J’avais souvent l’impression qu’il se sentait seul ».
Mohamed Hmadi Hamed se serait-il isolé ? Les sources que nous avons interrogées indiquent avoir perdu le contact ces derniers mois et ne lui connaissent pas de famille. Le consulat du Soudan, à Paris, recherche actuellement des proches au sein des communautés soudanaises. Proches qui pourraient peut-être éclairer les zones d’ombre du parcours de l’homme de 39 ans. Car les éléments présentés par le parquet de Lorient laissent entrevoir une part plus sombre. Mohamed Hmadi Hamed était connu des autorités pour ses antécédents psychiatriques et avait été condamné à deux reprises par le passé pour des faits de violences aggravées et de rébellion. « Il avait, par ailleurs, récemment fait l’objet d’une convocation devant le tribunal correctionnel pour des faits de rébellion commis le 16 septembre 2025 », a ajouté, ce dimanche, la procureure. Rappelons que deux enquêtes sont en cours dont celle de l’antenne IGPN (inspection générale de la police nationale) de Rennes.