Raphaël Glucksmann ne transige pas. Fort de sa dynamique électorale lors des européennes où la liste qu’il portait avec le Parti socialiste a frôlé les 14 %, le fondateur de Place publique rejette catégoriquement l’idée d’une primaire de la gauche. « Je ne participerai pas à une primaire. Ça ne fonctionnera pas », tranche-t-il dans un entretien au Monde, balayant ce qu’il qualifie de « truc d’appareils » voué à accoucher d’une « synthèse molle ».
Une ligne de fracture assumée avec LFI
Cette prise de position le met frontalement en opposition avec François Ruffin et Marine Tondelier, favorables à une large consultation allant jusqu’à La France insoumise (LFI). Mais pour Glucksmann, aucune convergence n’est possible avec Jean-Luc Mélenchon, dont il récuse les fondamentaux idéologiques sur l’Europe, la défense ou encore le nucléaire. « Il ne s’agit pas d’ego, mais d’idées. Mettre ses principes dans sa poche, c’est la certitude de la faillite morale et de la défaite politique », assène-t-il.
Non à la réunion du 2 juillet
Le député européen déclinera également l’invitation de Lucie Castets à un grand rassemblement des forces de gauche le 2 juillet. Pour lui, cette démarche entretient une illusion nuisible : « Feindre de pouvoir aller ensemble à la présidentielle fait peser un soupçon d’insincérité sur notre espace politique. C’est mortifère. »
Cap sur 2027 avec le pôle social-démocrate
S’il ne confirme pas sa candidature pour 2027, Glucksmann affirme vouloir bâtir une alternative démocrate, sociale et écologiste capable de l’emporter. « On verra bientôt qui est le mieux placé pour le faire », lance-t-il, laissant entrevoir une ambition clairement assumée.