L’audience débute dans une ambiance particulièrement froide, ce lundi 23 mars 2026, au tribunal de Lorient. La victime n’est pas présente. La raison ? C’est son avocate, Me Chloé Voiry, qui l’explique : « c’est désolant, elle est défigurée au point de ne pas pouvoir se rendre à l’audience ».
Dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mars, la police intervient dans un hôtel du centre-ville de Lorient, alertée par une résidente. Vers 2 h 45 du matin, la victime se réfugie dans une chambre voisine et affirme avoir été violemment agressée par son conjoint. À l’arrivée des forces de l’ordre, elle présente déjà d’importantes séquelles physiques : dent cassée, deux dents qui bougent, des hématomes… À cause de ses blessures, la victime peut à peine ouvrir la bouche.
Depuis plusieurs jours, elle était hébergée dans cet hôtel par les services sociaux. Ce soir-là, le couple passe la soirée aux abords de l’espace Nayel avec des amis et consomme de l’alcool. Une première dispute éclate, sans conséquence notable. Mais de retour à l’hôtel, une nouvelle altercation survient.
Un coup de pied violent à la bouche
Après avoir pris sa douche, la victime s’assoit sur le lit. C’est à ce moment que le prévenu, âgé de 48 ans, lui assène un violent coup de pied au visage, avant de quitter les lieux. Il ne prévient ni les forces de l’ordre, ni les secours. Un comportement qualifié de « lâche » par l’avocate de la partie civile.
Près de trois heures après les faits, l’homme, surnommé « L’Ours », est interpellé par les forces de l’ordre. Les policiers procèdent à des tests d’alcoolémie qui s’avèrent positifs, avec un taux de 1,6 g d’alcool dans le sang relevé à 3 h 15 du matin.
L’auteur des faits sortait récemment de prison après une peine de dix ans de réclusion criminelle pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il est jugé en état de récidive légale. La plaignante, âgée de 40 ans, souffre encore de lourdes séquelles physiques et psychologiques. Le médecin légiste lui a accordé dix jours d’incapacité totale de travail. Elle ne se souvient plus du coup porté par son agresseur et se serait évanouie.
L’homme reconnaît rapidement les faits, mais évoque une perte de contrôle liée à l’alcool. « Cette journée, j’ai bu cinq ou six bières à huit degrés, souligne le prévenu. Dans la soirée, nous avons partagé une demi-bouteille de vodka ». Interrogé par la présidente, il explique ne plus être habitué à de telles quantités après dix ans d’abstinence en détention. À plusieurs reprises, il cherche à se dédouaner.
« Un homme incontrôlable et sans limites »
La procureure, cinglante, évoque un homme « incontrôlable et sans limites ». Elle requiert une peine de quatre ans. Le tribunal a condamné Erwann Avré à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans assortis d’un sursis probatoire. Le maintien en détention est prononcé. Il lui est interdit d’entrer en contact avec la victime et de paraître sur le territoire de Lorient pendant cinq ans. L’homme devra également indemniser la victime à hauteur de 3 000 €. Une obligation de soins a aussi été prononcée à son encontre.
