
Au moins 20 personnes se sont investies en compagnie du président d’un club local de football semi-professionnel de la région lausannoise l’an dernier. La société a été agréée par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) et le président a déclaré qu’elle verserait un rendement exceptionnellement élevé de 20 pour cent tous les deux mois.
Le début
Après des retards dans le paiement des salaires des joueurs, Nicolas*, l’ancien président du club, leur propose un nouveau contrat au nom de son entreprise personnelle. Non pas un contrat de joueur, mais un contrat d’investisseur qui a pour but de leur rapporter de l’argent en échange d’une somme investie dans le cadre du développement d’un produit d’assurance.
Avez-vous déjà perdu de l’argent parce que vous aviez fait confiance à une offre d’investissement douteuse ?
Personnalité bien connue du milieu, l’homme a rapidement réussi à convaincre plusieurs de ses joueurs, qui ont à leur tour convaincu plusieurs de leurs proches d’investir. Selon les témoignages recueillis, le montant total des investissements s’élèverait à plus d’un million de francs.
“C’était un confident”
Pour démarrer une entreprise, il fallait investir au moins 10 000 francs. « Comme c’était quelqu’un de confiance et que nous ne nous connaissions pas très bien, nous avons décidé de le croire », explique une victime. Dans les contrats, un montant investi, par exemple 40’000 francs, devrait rapporter près de 50’000 francs le mois prochain. Des sommes que certaines victimes ont effectivement perçues dans un premier temps.
Mais à l’automne 2025, après plusieurs retards, aucune transaction n’a eu lieu. « Il ne cesse de faire des promesses de remboursement depuis plusieurs mois sans jamais les tenir », raconte une autre victime.
« Il me doit des dizaines de milliers d’euros », se plaint un investisseur. “J’ai des problèmes de santé, je suis surendetté. Ils menacent de me retirer ma voiture alors qu’il est libre d’acheter de gros traîneaux.” Une autre victime pense avoir tout perdu : « Je comptais sur cet argent pour vivre, mais j’ai dû retourner vivre chez mes parents. » Il explique qu’il a trouvé “étrange” le rendement de 20 pour cent mais qu’il a été tenté parce qu’il était proche d’un des joueurs de Nicolas.
“Ils menacent de me retirer ma voiture alors qu’il peut librement acheter de gros traîneaux.”
Un permis qui ne donne pas droit à tout
Sur demande, la Finma confirme que Nicolas est inscrit à son registre, mais comme intermédiaire d’assurance et non comme gestionnaire de fortune. Cependant, son entreprise a disparu de la liste d’agrément.
L’autorité précise : “L’immatriculation réglementaire en tant qu’intermédiaire d’assurance indépendant vous permet uniquement d’exercer une activité d’intermédiaire d’assurance. L’acceptation de dépôts du public n’entre pas dans ce domaine.” Or, les contrats mentionnaient une promesse, une obligation de remboursement avec intérêts de la part de l’entreprise.
Le Ministère public vaudois nous a confirmé le dépôt de plusieurs plaintes pénales et poursuites contre Nicolas pour “escroquerie, gestion déloyale des affaires et faux en documents”. L’enquête à ce sujet est en cours.
C’est ce que dit l’accusé
L’accusé est présumé innocent jusqu’à ce qu’un verdict final soit rendu. L’avocat genevois Pascal Pétroz reste prudent: “Pour qualifier quelqu’un de fraudeur, il faut prouver que la fraude a été difficile, voire impossible, à détecter par les victimes. C’est ce qu’on appelle la condition de mauvaise foi.”
Lorsqu’on lui pose la question, Nicolas répond qu’il n’a rien à se reprocher. «Je confirme que l’entreprise a bénéficié de nombreux prêts pour soutenir son développement et ses opérations. Malheureusement, pour diverses raisons, l’activité s’est brusquement ralentie et l’entreprise n’a alors plus été en mesure de faire face à toutes ses obligations, y compris les prêts susmentionnés. “Je regrette profondément la situation et je cherche actuellement des solutions pour limiter au maximum les conséquences de la faillite pour les prêteurs”, a-t-il déclaré à 20 Minutes.
Nicolas aurait prévenu certains investisseurs que la publication de cet article pourrait avoir des conséquences sur leurs remboursements.
* Nom de l’éditeur connu
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Gabriel Nista (gni), né en 1995, est journaliste vidéo dans le secteur visuel (vidéo) à 20 Minutes depuis 2021.