Une soignante tombe enceinte d’un patient sous sa responsabilité. Elle perd le bébé, cache la relation, puis détruit des preuves. L’histoire de Lydia-May Green a glacé le tribunal de Bristol.
Lydia-May Green avait 30 ans quand tout s’est effondré. Aide-soignante dans un établissement psychiatrique, elle a noué une liaison avec l’un de ses patients — une relation qui a duré huit mois, de février à octobre 2024, et qui l’a conduite, vêtue de noir et en larmes dans le box des accusés, devant la Crown Court de Bristol, relate le Daily Mail.
Le patient, que la justice britannique ne peut identifier pour des raisons légales, purgeait une peine de dix ans prononcée en novembre 2018 pour blessures volontaires graves. Transféré en 2020 dans un établissement psychiatrique sous le régime de la loi sur la santé mentale, il souffre de troubles complexes : autisme, TDAH, et un trouble schizoaffectif — mélange de symptômes psychotiques et de troubles de l’humeur.
Green avait intégré l’hôpital en 2021, d’abord en stage étudiant. Elle est rapidement devenue l’un de ses « membres du personnel préférés », selon les termes du tribunal. Ils passaient beaucoup de temps ensemble.
Des Travelodge à Bristol et au Pays de Galles : la double vie de la soignante
En février 2024, l’homme lui envoie un message Instagram. Il écrit qu’elle est « la plus belle femme du monde » et ajoute : « Je te mérite, tu me mérites. » Green traverse à ce moment une rupture sentimentale. Le terrain était fertile.
Dès mai 2024, elle réserve des chambres dans des Travelodge — à Bristol, puis au Pays de Galles — où elle retrouve le patient lors de ses permissions de sortie à elle et de ses journées de liberté à lui. Des vidéos et des photos retrouvées sur son téléphone montrent des images intimes : nus, baisers dans un véhicule, rapports sexuels oraux, étreintes au lit.
Ce n’est qu’en septembre 2024 que Green obtient son diplôme d’infirmière diplômée d’État. Elle donne son préavis d’un mois pour quitter l’hôpital. Mais la relation se poursuit.
La grossesse, la fausse couche et la lettre d’adieu
Novembre et début décembre 2024 : elle réalise plusieurs tests de grossesse. Elle annonce la nouvelle au patient. Il la surnomme alors sa « baby momma ». La grossesse se termine en fausse couche. Elle lui envoie des photos.
Le 31 décembre, Green rompt. Elle rédige une lettre d’adieu.
Dix jours plus tard, le 10 janvier 2025, c’est le patient lui-même qui révèle tout au personnel hospitalier — montrant des photos du couple. La suite va vite. Green échange avec une amie travaillant dans l’établissement et écrit, le 22 janvier : « Je sais que j’ai agi volontairement » et « Je suis bien tombée amoureuse de lui. »
Certains de ses proches lui déconseillent d’avouer. Elle tente de supprimer des vidéos pour effacer des preuves. Peine perdue : elle est arrêtée le 30 janvier, puis à nouveau le 28 avril 2025.
Ce que le tribunal a retenu contre elle — et ce que la défense a plaidé
Le procureur William Eaglestone a souligné que la rupture avait « peut-être précipité » le déclenchement de l’enquête. Il a cité les conclusions du docteur Hannah Toogood, qui a établi que la relation avait causé à la victime « un préjudice psychologique substantiel » et une « détresse » réelle. Le patient a dû quitter son établissement à la suite des faits.
Pire encore : selon le Dr Toogood, les agissements de Green ont pu retarder la sortie du patient, avec « un impact négatif sur son parcours vers le bien-être et la réhabilitation ».
La défense, assurée par Thomas Stanway, a plaidé une tout autre lecture. Il a décrit le patient comme « très éloquent », « une personne très sociable qui nouait rapidement des relations » et qui « dissimule ses incapacités ». Il a insisté sur le fait que c’est l’homme qui avait poursuivi Green, et que la relation était de nature « consensuelle » — sans grooming ni comportement coercitif.
Stanway a aussi dressé le portrait d’une soignante épuisée : des gardes de 14h30 dans une unité à haut risque de violence, une vulnérabilité réelle, et une relation qui représentait « peut-être la pire décision qu’elle prendra jamais de sa vie ». Il a rappelé qu’elle avait mis dix ans pour devenir infirmière — une carrière désormais anéantie.
Depuis son arrestation, le patient continuait de la contacter elle et certains de ses amis via les réseaux sociaux. Green l’a signalé à la police, qui n’a pu agir davantage. Son avocat a précisé : « Elle cherche à s’éloigner de lui par tous les moyens possibles. Elle veut mettre fin à tout contact. »
28 mois de prison pour sept chefs d’accusation
Green, originaire de Llanharan au Pays de Galles, a plaidé coupable à sept chefs d’accusation d’actes sexuels avec une personne atteinte de troubles mentaux, couvrant la période de février à octobre 2024. La juge Moira MacMillan l’a condamnée à 28 mois d’emprisonnement.
La formation aux « limites professionnelles » que Green avait reçue dans le cadre de son travail n’a pas pesé lourd face aux faits. Elle savait. Elle a reconnu le caractère inapproprié de la relation. Mais entre savoir et agir — il y a parfois un gouffre que même dix ans de formation ne parviennent pas à combler.
