Cinq touristes italiens ne sont jamais remontés à la surface. Partis explorer des grottes sous-marines à 50 mètres de profondeur dans l’atoll de Vaavu, aux Maldives, ils ont été retrouvés morts lors des opérations de recherche. Parmi eux, une professeure d’université et sa fille de 20 ans.
Jeudi matin, le groupe embarque à bord du yacht de luxe Duke of York, un navire spécialisé dans la plongée hauturière. Destination : Alimatha, l’un des spots les plus fréquentés de l’atoll de Vaavu. Un endroit connu, réputé, prisé des plongeurs expérimentés du monde entier.
Vers midi, aucun des cinq ne remonte.
Les secours reçoivent l’alerte à 13h45, heure locale. Les recherches s’organisent rapidement. Les corps sont retrouvés au fond, à quelque 160 pieds — soit environ 50 mètres — sous la surface.
Les conditions météo ce jour-là étaient loin d’être idéales : des vents soufflant entre 40 et 48 km/h, une alerte jaune émise par les services météorologiques locaux dès le matin, toujours en vigueur au moment du drame. Cela suffit-il à expliquer ce qui s’est passé ? Pas nécessairement. Les enquêteurs n’ont encore formulé aucune conclusion officielle.
Qui étaient les cinq victimes ?
Le journal italien Il Messaggero a révélé l’identité de l’une des victimes : Monica Montefalcone, 51 ans. Biologiste marine reconnue, figure de la télévision scientifique italienne, elle était professeure d’écologie marine tropicale et de sciences sous-marines à l’Université de Gênes. Elle dirigeait également, au sein du département des sciences de la Terre (Distav), une campagne de surveillance scientifique des îles maldivienne. Elle n’était pas là par hasard — elle travaillait.
Sa fille, Giorgia Sommacal, 20 ans, l’accompagnait. Elle fait partie des victimes.
Les trois autres ont été identifiés comme Muriel Oddenino, de Turin — collègue de Montefalcone à l’Université de Gênes —, Gianluca Benedetti, de Padoue, instructeur de plongée et capitaine de bateau, ainsi que Federico Gualtieri, originaire de Borgomanero.
Le ministère italien des Affaires étrangères a confirmé officiellement le drame dans un communiqué sobre : « À la suite d’un accident survenu lors d’une plongée sous-marine, cinq Italiens sont décédés dans l’atoll de Vaavu, aux Maldives », précisant qu’ils tentaient « d’explorer des grottes à une profondeur de 50 mètres ». L’ambassade d’Italie à Colombo, au Sri Lanka, et le ministère sont en contact avec les familles pour toute assistance consulaire nécessaire.
L’hypothèse de la toxicité à l’oxygène
Du côté des experts locaux, une piste circule avec insistance dans les médias des Maldives : la toxicité à l’oxygène. Ce phénomène survient quand un plongeur respire de l’oxygène sous haute pression pendant une durée prolongée. Les conséquences peuvent être brutales — atteinte du système nerveux central, convulsions, perte de conscience en pleine eau. En milieu confiné comme une grotte sous-marine, le résultat peut être fatal en quelques secondes.
Ce qui rend cette hypothèse particulièrement troublante, c’est le profil du yacht. Le Duke of York propose du nitrox — un mélange de plongée composé d’azote et d’oxygène, enrichi en oxygène par rapport à l’air ambiant. Utilisé correctement, le nitrox permet des paliers plus courts et des plongées plus sûres à certaines profondeurs. Mal calibré ou mal utilisé à grande profondeur, il peut devenir dangereux.
Cela dit, les autorités maldivienne n’ont formulé aucune conclusion. L’enquête est ouverte, le dossier reste vierge de tout verdict.
Le Duke of York : un navire haut de gamme, maintenant au cœur d’une instruction
Construit en 2010, le Duke of York est un live-aboard — ces bateaux qui servent à la fois de logement et de base de plongée, permettant aux passagers de rester plusieurs jours en mer. Il dispose de 11 cabines réparties sur trois ponts, pour un maximum de 21 passagers. Prix d’entrée : un peu plus de 2 000 euros pour une semaine de croisière.
Les cabines sont spacieuses, climatisées individuellement, dotées de salles de bain privatives. À bord, on trouve un salon intérieur avec bar, une salle de restauration servant une cuisine locale et italienne, et des espaces extérieurs panoramiques avec transats et chaises longues. L’équipage compte 13 personnes.
Sur le papier, tout respire le confort et le professionnalisme. Ce qui s’est passé sous la surface de l’atoll de Vaavu, jeudi, reste pour l’heure sans explication officielle — et c’est précisément ce silence qui pèse le plus lourd.
