Une explosion a soufflé une maison de banlieue à Bristol dimanche matin. Deux morts. Un quartier sous le choc. Et derrière ce drame, une histoire glaçante de violences conjugales, de criminalité organisée et d’une femme qui croyait enfin être en sécurité.
L’homme décédé dans le blast a été formellement identifié. Il s’agit de Ryan Kelly, 41 ans, ancien membre d’un gang de trafiquants de drogue. La femme tuée dans l’explosion était son ex-compagne. Elle avait récemment emménagé dans cette maison de Frenchay, précisément pour lui échapper.
Les faits se sont déroulés tôt dimanche matin, vers 6h30, dans Sterncourt Road, une rue tranquille de Bristol. Peu avant l’explosion, la police avait reçu un appel signalant un “incident lié à une violence domestique” à cette adresse. Les agents armés étaient en route. Ils n’arriveraient pas à temps.
La détonation a été entendue dans tout le quartier. Les maisons ont tremblé. Le fils de la victime et deux autres membres de sa famille, présents sur place, ont été légèrement blessés. Ils ont depuis quitté l’hôpital.
Wayne Smith, charpentier de 58 ans et voisin, a raconté la scène au Sun. “Il s’est présenté chez elle avec une grenade et l’a déclenchée sur le pas de la porte, les tuant tous les deux.” Il ajoute avoir cru dans un premier temps à une explosion de gaz ou à un accident de voiture. “J’ai senti toute la maison trembler.”
Les équipes de déminage de l’armée britannique ont été dépêchées sur place, ainsi que les pompiers et la police. Un périmètre de sécurité a été établi et les habitants du secteur ont été évacués vers un centre d’accueil temporaire. En fin de soirée, la zone a été déclarée sûre après des fouilles approfondies de la propriété.
Une femme qui se croyait enfin libre
Ce qui rend ce drame particulièrement bouleversant, c’est le témoignage des proches de la victime, dont l’identité n’a pas été rendue publique. Elle travaillait dans un salon de bronzage. Elle venait tout juste de tourner une page douloureuse de sa vie.
Une amie proche, qui a souhaité rester anonyme, a confié sa douleur. “La semaine dernière, elle semblait tellement heureuse d’être enfin en sécurité et libre de son ex.” Elle l’a décrite comme “la femme la plus extraordinaire qu’elle ait jamais connue.”
Elle avait quitté Ryan Kelly. Elle avait déménagé. Elle pensait être hors de danger. Elle ne l’était pas.
Ryan Kelly n’en était pas à son premier démêlé avec la justice. Il avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir fourni de la cocaïne dans le cadre d’un réseau de trafiquants comparé à la série Breaking Bad, aux côtés de sept autres hommes.
Ce gang était piloté par un certain George Rogers, 78 ans, qui dirigeait l’opération depuis sa cellule de prison malgré un cancer du poumon. Le projet était d’établir un laboratoire clandestin pour produire de la méthamphétamine cristallisée. La police avait démantelé le réseau avant que la drogue ne soit mise en circulation.
Une enquête toujours en cours
Le superintendant Matt Ebbs a pris la parole dimanche dans un communiqué officiel. “Une femme et un homme sont décédés à l’adresse et nous traitons l’explosion comme suspecte. Leurs familles ont été informées et sont soutenues par des agents spécialement formés. Nos pensées les accompagnent.”
Il a précisé que des recherches spécialisées avaient été menées par les équipes de déminage de l’armée britannique à titre de précaution, et que la priorité absolue restait la sécurité du public.
La police a également indiqué ne pas rechercher d’autres suspects à ce stade, bien que l’enquête soit encore à ses débuts. Une autre propriété à Speedwell, également à Bristol et liée à Ryan Kelly, fait l’objet d’investigations parallèles.
La cause officielle de l’explosion n’a pas encore été confirmée par les autorités. Mais dans ce quartier de Bristol, les voisins, eux, n’ont plus beaucoup de doutes.
