Le site Coco est de retour sur Internet — une enquête ouverte après la résurgence du réseau des violeurs de Gisèle Pélicot

David Marius
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illustration site de rencontres Coco.fr

On le croyait mort et enterré. Fermé par la justice française en juin 2024, le site de rencontres Coco a refait surface sur Internet. Une réapparition qui a immédiatement déclenché l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, confiée à l’unité cyber de la gendarmerie nationale.

Pour beaucoup, ce nom résonne comme un signal d’alarme. Et pour cause. Coco n’est pas un simple site de rencontres. C’est une plateforme citée dans des milliers de procédures judiciaires, liée à des affaires de viols, de guet-apens et de meurtres. Sa disparition, en 2024, avait été saluée. Son retour soulève une vague d’indignation.

C’est la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah el Haïry, qui a alerté la première à la mi-avril sur la résurgence du site. Son signal a été entendu. Le parquet de Paris a réagi rapidement en lançant des investigations formelles. Une chose est claire : les autorités ne comptent pas laisser Coco tranquillement reprendre ses activités comme si de rien n’était.

Pourquoi Coco avait été fermé en 2024

La plateforme de tchat en ligne avait été bloquée voilà deux ans par la Direction générale des douanes et des droits indirects, en coordination avec la gendarmerie nationale. La raison ? Un historique judiciaire accablant.

Le grand public a pris conscience de l’existence du site lors du procès des viols de Mazan, l’une des affaires criminelles les plus marquantes de ces dernières décennies en France. Entre 2011 et 2020, Dominique Pélicot livrait sa femme Gisèle, à son insu et grâce à des sédatifs, à plusieurs dizaines d’inconnus recrutés sur Coco pour qu’ils la violent et assouvissent ses fantasmes. Il a depuis été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

Mais l’affaire Pélicot n’était pas un cas isolé. En octobre 2023, Philippe C., un jeune homme de 23 ans, a succombé à ses blessures après un lynchage à Grande-Synthe, dans le Nord. Deux adolescents de 14 et 15 ans lui auraient tendu un piège via Coco, en se faisant passer pour une jeune fille désireuse de faire une rencontre amoureuse. Une embuscade préméditée qui a coûté la vie à un homme.

Le fondateur du site déjà inculpé

L’histoire de Coco a aussi un visage. Celui d’Isaac Steidl, citoyen italien et fondateur de la plateforme, arrêté par des cyber-gendarmes français dépêchés en Bulgarie où il résidait. Inculpé le 9 janvier 2025 à Paris, il fait face à une liste de charges particulièrement lourde, notamment pour complicité de trafic de stupéfiants, détention et diffusion d’images pédopornographiques, corruption de mineur via Internet et association de malfaiteurs. Steidl conteste l’ensemble des accusations.

La réouverture du site soulève une question simple et brutale. Comment une plateforme fermée par décision de justice peut-elle réapparaître aussi facilement sur Internet ? L’enquête confiée à l’unité cyber de la gendarmerie devra y répondre. Et vite. Parce que chaque jour où Coco tourne à nouveau, c’est une fenêtre ouverte sur des risques que la France pensait avoir fermée.

L’affaire est en cours. Nous suivrons les développements de cette enquête et mettrons cet article à jour dès que de nouveaux éléments seront connus.

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