Personne n’échappe à Donald Trump. Pas même le chef de l’Église catholique.
Ce dimanche 13 avril 2026, le président américain a lâché une salve d’attaques sans précédent contre le pape Léon XIV, le qualifiant publiquement de “faible”, de “mauvais” et de “très libéral”. Une diatribe explosive déclenchée après que le souverain pontife a prononcé un discours enflammé contre la guerre.
Quand le pape dit “assez”, Trump sort de ses gonds
Tout est parti d’une veillée de prière le samedi 12 avril à la basilique Saint-Pierre de Rome. Dans l’une de ses plus virulentes critiques des conflits qui embrasent la planète, notamment au Moyen-Orient, Léon XIV a déclaré que la foi était nécessaire “pour affronter ensemble ce moment dramatique de l’Histoire.”
Le pape n’a cité personne nommément. Mais le message était limpide. “Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerre ! La véritable force se manifeste en servant la vie”, avait lancé le pape américain lors de cette veillée.
Quelques heures plus tard, Trump explosait.
“Je ne suis pas un grand fan du pape Léon”
De retour à Washington après un déplacement en Floride, le président américain ne s’est pas gêné devant les journalistes rassemblés sur le tarmac de la base militaire d’Andrews, dans le Maryland. “Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très libéral et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité” , a-t-il lancé à la presse, le ton sec.
Mais ce n’était qu’un avant-goût. De retour de Floride à Washington, Donald Trump a publié un long message sur les réseaux sociaux pour critiquer vivement Léon XIV, puis a continué sur sa lancée après sa descente d’avion.
Sur Truth Social, il a mis les majuscules. “Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, DE FACON ECRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l’Histoire.”
Une longue liste de griefs
Trump ne s’est pas arrêté là. Sur Truth Social, il a accusé pêle-mêle Léon XIV de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien, de s’être opposé à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier ou encore de rencontrer des sympathisants de l’ex-président démocrate Barack Obama.
Il a aussi glissé une petite phrase au vitriol sur les raisons mêmes de l’élection du pape. “Si je n’étais pas à la Maison-Blanche, le pape ne serait pas au Vatican” , a-t-il osé écrire, avant d’ordonner au souverain pontife de se “ressaisir en tant que pape, faire preuve de bon sens, cesser de courtiser la gauche radicale et se concentrer sur son rôle de grand pape, et non de politicien.”
L’image qui a mis le feu aux poudres
Pour couronner le tout, Trump a joint à son message une image générée par intelligence artificielle. On l’y voit, en toge blanche et rouge, apposer sa main sur le front d’un malade sur un lit d’hôpital, entouré de personnes en prière, sur fond de drapeau américain, de Statue de la Liberté, d’avions de chasse, d’aigles et d’autres figures dans le ciel. Une mise en scène christique qui a immédiatement suscité un tollé sur les réseaux sociaux.
Qui est vraiment Léon XIV ?
Léon XIV, 70 ans, est devenu en mai 2025 le premier pape américain de l’histoire en prenant la succession de François. Né à Chicago, il a pris l’habitude de peser soigneusement ses mots. Mais depuis plusieurs mois, il s’est imposé comme une voix ferme contre les guerres. Par le passé, Léon a aussi appelé à une “profonde réflexion” sur la manière dont les migrants sont traités aux États-Unis, se demandant si la politique agressive anti-immigration menée par Donald Trump respectait ou non les enseignements catholiques. En septembre dernier, il avait même décrit le traitement des migrants comme “inhumain.”
Face à la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février, le pape avait déjà choisi son camp. Léon XIV a fait référence à un passage de l’Ancien Testament, tiré du livre d’Isaïe, déclarant “Même si vous multipliez les prières, je ne vous écouterai pas, car vos mains sont pleines de sang.”
Et maintenant ?
Léon XIV est arrivé lundi matin en Algérie pour une visite historique, la première d’un pape dans ce pays, au début d’une tournée de onze jours en Afrique. Il part sous les critiques tonitruantes du locataire de la Maison Blanche, mais sans avoir dévié d’un millimètre de ses positions.
Un pape américain contre un président américain. Un duel inédit, au sommet du monde, sur fond de guerre et de foi. Et pour l’instant, aucun des deux ne semble prêt à baisser la voix.
