La tension monte au sein du Parti socialiste. À peine les élections municipales passées, les divisions internes ressurgissent au grand jour. Cette fois, c’est Carole Delga qui hausse le ton en visant directement Olivier Faure, premier secrétaire du parti.
Invitée sur Public Sénat ce jeudi, la présidente de la région Occitanie n’a pas caché son agacement face aux choix stratégiques opérés pendant la campagne, notamment concernant les relations avec La France insoumise.
Près de deux semaines après le scrutin, les accords conclus entre les deux tours avec LFI continuent de faire grincer des dents. Pour Carole Delga, la ligne défendue par la direction socialiste a brouillé le message du parti.
Elle regrette notamment des prises de position qui ont semé le doute chez les militants comme chez les électeurs. “Ces déclarations ont donné l’image d’un parti qui se vendait en fonction d’accords électoraux”, a-t-elle déploré.
Au cœur de la polémique, la position adoptée par Olivier Faure dès le soir du premier tour, le 15 mars. S’il avait rejeté l’idée d’un accord national avec LFI, il n’avait pas fermé la porte à des alliances locales. Une nuance qui, depuis, alimente les critiques et les incompréhensions en interne.
PS : “Il faut un vrai changement au @partisocialiste. On ne peut pas donner cette image d’un parti qui s’achète à la découpe. @faureolivier n’a pas respecté le vote du bureau national, et il doit en tirer les conséquences en responsabilité.” @CaroleDelga #BonjourChezVous pic.twitter.com/AKgLsQlZHz
— Public Sénat (@publicsenat) April 2, 2026
Delga appelle à tourner la page
Face à cette situation, Carole Delga ne se contente plus de critiquer. Elle appelle désormais à un changement à la tête du parti. Assumant ses désaccords avec la direction actuelle, elle estime qu’un nouveau vote est nécessaire.
“On ne peut pas rester dans le flou, dans l’approximation. Nous ne pouvons pas avoir l’image d’un parti qui s’achète à la découpe. La politique du zigzag doit prendre fin”, a-t-elle martelé, appelant Olivier Faure à “en tirer toutes les conséquences”.
Une prise de position forte qui trouve un écho chez plusieurs figures du PS.
La contestation ne se limite plus à quelques voix isolées. Elle gagne désormais des responsables influents du parti. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et jusque-là soutien d’Olivier Faure, a lui aussi exprimé ses réserves.
Lors d’un bureau national, il a pointé “l’ambiguïté” du premier secrétaire vis-à-vis de La France insoumise. Il lui reproche notamment d’avoir laissé trop de liberté aux alliances locales, nourrissant selon lui “le procès en insincérité” adressé aux socialistes.
Dans un contexte déjà fragile, ces critiques accentuent un peu plus les fractures internes. Le Parti socialiste se retrouve désormais face à un choix crucial, clarifier sa ligne politique ou risquer de voir ses divisions s’installer durablement.
