Canada : un enfant de 12 ans meurt après des sévices, ses mères adoptives devant la justice

David Marius
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Un procès particulièrement éprouvant se déroule actuellement en Ontario, où deux femmes sont accusées d’avoir infligé des sévices extrêmes aux enfants qu’elles avaient adoptés. L’affaire, qui remonte à décembre 2022, soulève de nombreuses questions sur la protection de l’enfance et le suivi des familles adoptives.

Le 21 décembre 2022, les secours interviennent dans une maison de Burlington après un appel d’urgence. Sur place, ils découvrent un garçon de 12 ans dans un état critique. L’enfant est extrêmement amaigri, en hypothermie, allongé sur le sol de sa chambre. Sa corpulence correspond à celle d’un enfant de 6 ans.

Transporté à l’hôpital, il ne survivra pas. Les médecins constatent un arrêt cardiaque.

Son frère cadet, également victime de mauvais traitements, a survécu. Les deux enfants vivaient dans cette famille depuis leur adoption en 2017.

Des accusations de violences systématiques

Au fil des audiences, l’accusation décrit un quotidien marqué par la peur et la privation. Les deux enfants auraient été séquestrés, battus et volontairement privés de nourriture, aussi bien à la maison qu’à l’école.

Le témoignage du frère cadet a profondément marqué la cour. Il raconte que les enfants étaient contraints de porter des combinaisons de plongée à domicile, fermées de manière à les empêcher d’aller aux toilettes.

La justice évoque des méthodes assimilées à de la torture. L’utilisation d’attaches en plastique aux pieds, qui ont causé des blessures, est notamment pointée du doigt par la Cour supérieure de l’Ontario.

Pourtant, plusieurs signaux d’alerte avaient été relevés. Des enseignants avaient signalé des comportements inquiétants. Les enfants apportaient des sandwichs moisis et n’étaient pas habillés correctement pour affronter le froid canadien.

Une défense qui conteste les faits

L’accusation s’appuie également sur des éléments troublants. Des échanges de messages montrent que les deux femmes exprimaient leur rejet des enfants. Une recherche sur internet, effectuée deux jours avant le décès, mentionne «je hais mon enfant».

Face à ces accusations, la défense adopte une ligne différente. Les avocats assurent que leurs clientes ont agi dans le but de protéger les enfants contre eux-mêmes, évoquant des comportements d’automutilation.

Ils mettent aussi en cause la Société d’aide à l’enfance de Halton, estimant que le suivi de la situation n’a pas été à la hauteur.

Le verdict est attendu dans les prochaines semaines. L’identité des deux garçons reste protégée par décision de justice.

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